(photo des gorges de GALAMUS)
Monter et vaincre le col de Pailhères par Mijanès ! L’idée a dû émerger en juin dernier, lors de la fabuleuse randonnée transpyrénéenne, entre Saint Jean de Luz et Cerbère. Celle dont un CD rom souvenir sera bientôt ( ?) transmis au Duc de Chevreuse par « notre dévoué secrétaire ».Lequel en profitera aussi par rajouter Jean Louis sur toutes ses listes de diffusion ( !!!).
En ce temps là, le col de Pailhères, +haut col routier ariégeois, était au programme de la journée de retrouvailles entre les stars du groupe et nous, leurs copains accompagnateurs. Nous étions désireux de les soutenir, de pédaler un peu et de connaître le camping d’Aulus, la maison de la Cabanasse, le dortoir du gîte de Port Vendres et la paella Zéro Tracas de Kamel et de ses potes à Rosas.
L’ascension de Pailhères depuis Ax les Thermes (18 kms) et sa descente vers avaient laissé des traces, des souvenirs et des idées nouvelles.
J’avais achevé la montée dans le fourgon de l’ami René. Didier avait aussi peiné dans les derniers lacets et s’était juré de prendre sa revanche un jour. En récupérant au sommet, parmi les chevaux lécheurs de roues de vélo, on avait pu admirer quelques gars grimpant avec application les lacets, parfois étroits, de l’autre versant. Ce décor naturel si alléchant nous invitait à prendre rendez vous avec lui. Comme un irrésistible appel .
« On se refera Pailhères mais par ce versant ! »
Et nous y voici !
L’idée s’est concrétisée en avril, lors de nos réunions de préparation de Finiels, grâce à Francis et, comme dirait l’un d’entre nous, grâce à sa « Belle Maman ».
Notre ami nous a dressé une panoplie d’itinéraires concernant Pailhères, d’autres cols et les célébrissimes gorges de Galamus. Il propose aussi une base de départ idéale : la maison de « Belle Maman » à neuf kilomètres d’Axat.
Samedi 12 mai, on se retrouve donc sept à 6 heures (du matin !) devant le Stadium. Fletcha (Jean Marc) et el Fanfaronissimo sont venus me chercher à domicile. Didier, Alain, Anne et Bernard nous rejoignent. La veille, les vélos ont été chargés dans deux remorques… Francis et Dany nous attendent à Axat.
Hervé et André jouent toujours aux maquisards corses et nul ne devine si le résultat des dernières élections présidentielles va les inciter à reprendre la vie continentale. On devrait en savoir plus début de semaine prochaine. Xave, Pascal, Thierry(s), Sébastien, Jean Louis et Denis – qui a donné récemment de ses nouvelles, merci à lui- vaquent à d’autres occupations tarnaises
Bernard, fin connaisseur des routes futées du Tarn, prend le capitanat du convoi automobile. On délaisse Toulouse ou Castres en empruntant de bucoliques chemins de traverse menant à Lautrec, Sémalens, Cambounet sur le Sor, Soual, Revel et Castelnaudary avant de réintégrer la civilisation des quatre roues vers Limoux et Quillan.
A Soual, à sept heures, les pêcheurs de truites se sont donnés rendez vous sur le pont. L’un d’entre eux sort une belle pièce à notre passage.
Je repense aussi à un de mes anciens voyages de promotion du Tarn en Espagne en compagnie de Francis Roussel. Le chef des Magnolias de Plaisance nous avait fait emprunter ce même itinéraire au petit matin. Quelques mois plus tard, il partait malgré lui pour un autre voyage.Définitif.
En voiture, Didier, Alain, Walter et moi nous recréons l’ambiance des déplacements inhabituels.
El fanfaronissimo confirme la qualité du foie gras récemment dégusté chez la maman de Sylvie tout en voulant nous convaincre de ses efforts actuels de préparation physique. « Quoique jeudi, avec Xave, sur le parcours de la Petite Albigeoise, c’était vraiment galère ».
Il est aussi intarissable sur la remise en forme de son vélo par Philippe Andouard. Parti pour de bénignes réparations, il s’en est revenu avec un nouveau plateau « garni ».
Didier, conducteur d’un Scénic du plus bel effet, explique ses engagements associatifs au sein du Racing Club Albigeois. Monsieur et Madame Duchamps s’impliquent fortement dans ce modèle de club …sur la route et dans le fonctionnement associatif.
Halte pipi. Ravitaillement café pour Anne. Notre amie si perfectionniste dans sa préparation avoue une courte nuit entrecoupée d’intempestifs réveils. Elle continue de faire durer un formidable suspens sur le choix de son parcours du jour.
Je devine qu’elle ralliera, au point d’en prendre la tête dans les ascensions, l’équipée des stars du jour.
Qui sont elles, ces stars ? Réponse aisée. Tous les copains, sauf Francis et moi qui avons choisi non pas 2 cols de légende (Pailhères et Pradel) mais six cols mignonnets et….les gorges de Galamus. Un parcours estimé, quand même, à 110 kilomètres par le copain de Crestoules devenu récemment semi marathonien albigeois.
L’ambiance change un peu dans la voiture dès qu’on aperçoit les montagnes. Du genre « …bon maintenant, on s’en approche… faut plus rigoler ». La météo parait être une alliée sure, c’est bon signe. Même si on a serré les sacs avec toutes les tenues possibles, on roulera en court ou en jambière avec ou sans manchons.
Axat. Un peu avant neuf heures, on retrouve Francis et Dany. Ils nous guident jusqu’à la maison familiale. A Gesse, sur la commune de Bessède-de –Sault. On fait connaissance de notre hôtesse, de sa gentillesse et de son café. L’accueil, chaleureux et sans chichi, nous fait plaisir.
On se change. On gonfle les chambres à air. Alain se distingue en faisant péter la sienne. Bernard me scotche le compteur –chrono sur le guidon. Je roulerai au cardio.
Photo de groupe. Distribution de la feuille de route. C’est parti. « …Allez, @+ … » comme on maile de plus en plus.
Que saurai-je de la rando des stars ? Ils ont voulu voir (revoir) Pailhères et ils l’ont vu (revu) et même, tous, revaincu. Irrémédiablement.
Le tableau est éloquent. 10,6kms ,sauf erreur, 871 mètres de dénivelée et un pourcentage moyen de 8,2%.Avec, par ordre chronologique, les résultatssuivants : 4%,9,6%,7,8%,10,1%,9,5%,7,6%,6,2%,8,6%,9,3%,10,2%,5,8% .
Faut il rappeler que Pailhères figure au programme du Tour de France 2007, dans le cadre de l’étape Mazamet-Plateau de Beille ?. Après deux autres passages, l’un, en 2003, remporté par Juan Miguel Mercado, l’autre en 2005 par Gorg Totschnig.
Anne a pris suffisamment d’avance pour s’octroyer, au sommet, à 2001mètres, un bain de soleil reposant et revivifiant. Walter a fermé la marche, un quart d’heure après, mais il est arrivé au bout, le bougre.
Alain et Dany ont, une fois de plus, montré leur aisance quasi naturelle en ces grandes occasions. Fletcha s’est un peu battu avec ses plateaux, ayant manifestement du mal à se faire obéir de l’intermédiaire…peu sensible à ses anciens états de service à Matignon. Ses efforts n’en sont que plus remarquables.
Faut quand même que notre ami Fletcha , le tchi de Fontvialane, prenne soin de son matériel en toute occasion. Qu’il n’oublie pas, par exemple, de serrer vis et manette lorsqu’il installe son si beau vélo dans la remorque de Bernard. Cela évitera à ses petits camarades de la voiture suivante de risquer leur vie pour le prévenir de décrochages imprévus…et de se faire engeuler !
Bernard, agrégé es cols pyrénéens, a de nouveau puissamment atteint son objectif. Didier a gagné sa revanche envers Pailhères. Et il en rayonne de plaisir.
Tous ont aimé cette montée par Mijanès…., la préférant même à celle de l’été dernier.
Sur la suite du périple et l’ascension du Pradel, j’ai recueilli moins de témoignages. Les écarts entre tous ont été moindres même si quelques courts passages de ces 7,5kms ont du atteindre 10% et, parfois, quasiment 11. Quelques automobilistes ont parfois gâché le plaisir à deux (roues) des copains.
L’effort global sur les deux cols a du être aussi intense .A la hauteur du dénivelée. Les stars ont unanimement décidé d’écourter la fin du parcours prévu en bifurquant, semble t’il, ver Axat par Galinagues. Pendant ce temps là…
Pendant ce temps là, Francis me faisait apprécier une grande et belle journée de vélo d’un autre genre. J’en conserve un fort souvenir personnel. Comme celui d’une leçon particulière « de terrain » non stop .L’amicale pédagogie y trouve immédiatement à s’appliquer en un décor naturel si beau que l’effort s’en trouve récompensé en permanence.
On rejoint Axat par les gorges de Saint Georges avant de se frotter sans grand mérite au col Campérié vers Lapradelle et Caudiès de Fenouillèdes. Ici, en moins de 500 mètres, chacun crève une fois. Francis s’active avec célérité avec l’appui spontané, la première fois, de la garagiste locale.
Vient ensuite l’ascension du col de Saint Louis sur 6, 5kms et ses deux premiers kilomètres à 9%. La leçon est magistrale car « je me les maîtrise sans essoufflement, apprenant à faire retomber le rythme cardiaque et à en suivre l’évolution sur le cardio ». Sous la conduite de Coach Francis, je m’applique à jouer des pignons et de la position en danseuse.
On enchaîne par les montées de
la Vialasse , de
la Sallée , par les cols de
la Fage et de
la Redoulade et par un léger petit col inconnu à l’allure de faux plat ascendant , dirait Alain. Il nous mène aux gorges de Galamus. Avant de lers atteindre, on double un couple de cyclos randonneurs britanniques ayant mis pied à terre.
Les villages approchés ou traversés s’appellent Bugarach, Sougraigne et sa fontaine des Amours, Fourtou, Savignan, Auriac, Soulatgé, Cubières sur Cinoble.
Tous ces cols restent des sommets de moyenne montagne, entre 600 et 700 mètres. Leurs montées et leurs descentes étalées à chaque fois sur quelques kilomètres, constituent pour moi un précieux entraînement à notre future épopée vers les gorges et les sources du Tarn.
Francis se teste aussi, usant de temps à autre de « la grosse plaque » là où j’utilise au minimum le plateau intermédiaire. Elève appliqué, je m’efforce de mettre en pratique les enseignements de mon coach personnel.
0n rencontre de temps à autre quelques habitants , promeneurs ou animaux tous aimables à notre égard. A Fourtou, la voiture d’un » dentiste équin » attire nos regards fugitifs. La couleur des vaches aussi un peu plus loin …ni blanches , ni grises… « on les dirait emballées dans du papier kraft , me dit mon pote »…
Vient enfin ma récompense. La découverte des gorges de Galamus.
Site naturel classé et protégé, ces célébrissimes gorges furent sans doute le premier refuge des habitants de Saint Paul de Fenouillet. Ils y apprécièrent les grottes calcaires perceuses de vertigineuses parois.
La rivière coule, quelque cent mètres sous une route sinueuse et étroite, appréciée par quelques escouades de motards. . On s’arrête souvent pour tout admirer….les chaos de roches grises et blanches, les ressauts, vasques et cascadelles, et les reflets verts de l’eau.
Dans une profonde faille, l'Agly bouillonne et quelques adeptes de descente de canyoning y sautent en combinaison. ..
Je prends un maximum de photos ..avec les yeux. Fixe ces flancs abrupts sur lesquels s'accrochent même quelques chênes verts, genévriers et, apprendrai -je plus tard, la sabine et le cyclamen des Baléares . Les gens d’ici savent aussi y reconnaître de temps à autre l'aigle de Bonellimais nous ne l’apercevrons pas.
Francis me parle de l'ermitage de Saint-Antoine. Occupé par des moines solitaires dès le VIIIème siècle, il masque une chapelle aménagée dans le renfoncement d'une grotte naturelle.
On s’arrête de nouveau. La chapelle de l'Ermitage est perchée à 376 mètres d'altitude dans les gorges, accrochée au rocher. Incroyable!
En cet instant, je me dis que l’objectif de la journée a été atteint. Et brillamment. Le reste du parcours ne saurait être qu’une aimable péripétie. 35 kilomètres environ de retrouvailles avec Caudiès de Fenouillèdes, Axat et la maison de Belle Maman.
Erreur…j’ai accompli les derniers 20 derniers kilomètres à l’arrache et sous les encouragements de Francis. Ce Saint Homme sera prochainement canonisé de son vivant pour son extrême patience.
Dans le dernier kilomètre, on croise une voiture immatriculée 81 nous faisant des appels de phare. Il s’agit de Bernard et Dany. Les copains s’offrent un demi tour et nous prennent la photo de l’arrivée.
Tous en ont terminé depuis pas mal de temps. Fiers et heureux de leurs propres exploits en altitude.
Voilà. On y est. Nous aussi. 130 kilomètres ( mais oui !) et 6 cols dans les jambes, de belles sensations d’amitié et d’efforts physiques dans le cœur, de somptueuses images dans la tête.
Belle Maman m’offre une double rasade de Banga et un droit de tirage sur l’eau de la salle de bains. Tout en me désaltérant, je l’écoute relater avec émotion la disparition de son mari, à l’orée d’une retraite où la pêche, les champignons et les respunchous devaient conforter leur art de vivre commun depuis Gesse.
Les copains ont chargé mon vélo . Je suis enfin prêt. On s’en repart comme on était venus. A deux voitures et cinq vélos en remorque dont quatre sérieusement attachés. N’est ce pas JM ?
J’aime ces retours d’après « exploit » où chacun parle assez spontanément et où on apprend à mieux se connaître. En se quittant vers 19H30 sur le parking du stadium, on partage tous un sacré sentiment de plaisir. Celui d’avoir réussi notre journée et d’avoir décroché une nouvelle référence.
Désormais, nous sommes aussi de « ceux de Pailhères ou de Galamus » !
... (Michel, 13 mai 2007)
PS: toute photo prise par tout membre des vainqueurs du Pailhères serait la bienvenue! A vos souris!
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