Déjà, jeudi 16 novembre au soir, les rites de la dégustation du Gaillac Primeur m'ont fait rejoindre à la Madeleine la cave de mon ami Michel C. Et retrouver un petit cénacle d'habitués amateurs de la cérémonie. Dégustation à l'aveugle pour 8 rouges et mise en bouche avec un blanc. Toasts de boudin, de saucissons et de pâtés du charcutier d'en face pour assurer la transition d'un rouge à l'autre, huîtres pour apprécier le blanc.
La soirée, agréable, ne s'est pas éternisée. On en est ressortis sains de corps et d'esprit, apparemment. La dégustation et la possibilité de vider ensuite le reste du vin en verre...dans un seau approprié ne riment pas avec beuverie.
D'autres centres d'intérêt politique ont pris le relais. Il y aura été question d'une dame blanche distançant fortement deux hommes en noir et créant une situation à ce jour inédite: une candidature féminine à la présidence de la République, au nom du PS. Quant au débat sur les idées...
Dimanche matin 19 novembre. Comme d’habitude, en cette occasion, on s'en va randonner en primeur avec notre club « porteur », le CRA. Rendez vous à 8 heures place Pelloutier, pour ceux et celles qui sont arrivés à comprendre et à accepter les sibyllins messages de Walter. 8h30 pour les autres.
Il y a quelques jours, El Fanfaronissimo a d'ailleurs eu lui même du mal à comprendre ses propres écrits. Anne, chère Anne, toi, notre experte en gestion électronique de courrier, ne pourrais-tu pas le conseiller ? Hopi, hopi...
Nicole, la présidente, nous accueille d'un amical sarcasme:"...Tiens, le Conseil Général, c'est le vin qui vous fait sortir avec nous!" Faut dire que la dynamique présidente et nouvelle retraitée de l'éducation nationale consacre beaucoup de temps à pratiquer sa passion et à animer son club.
On quitte Albi à une petite vingtaine de cyclos dont André, Alain, Sébastien, Walter et moi. Ca roule "aimablement". Les conversations portent sur le match de rugby de la veille. Les Bleus, tout de blanc vêtus, ont courageusement perdu leur match revanche contre les Blacks. 23 à 11. Quelques lueurs bleues...Albi a perdu contre Bayonne mais ramène un point de bonus. Castres a vaincu l'USAP 19 à 13. On apprécie aussi de temps à autre de nouveaux revêtements sur les routes empruntées.
Sébastien teste ou peaufine ses tests du vélo, de ses cales et de ses chaussures. On discute cyclo et...logiciels libres. Je m'engage à l'abonner aux blogs velossimo et infolibre. Alain arbore son engin à deux roues spécial primeur dont il se sert certainement pour aller au marché. Ne manque que le panier sur le porte bagages pour donner une parfaite illusion. Walter joue déjà les timex car il lui " faudra rentrer de bonne heure". 11h15 m'avait-il dit durant la semaine avant de repousser les délais " autour de midi"...André discute de récit pour le CRA avec Nicole.
On rejoint Gaillac et la salle municipale Bouzinac. Elle grouille de cyclos dans tous les sens. Le club gaillacois maîtrise avec aisance l'organisation. Inscriptions, documentation sur des choix de circuits, fouasse et autres ravitaillements, réservation de repas en fin de parcours. Tout est parfait, hormis les pissotières qui lavent à grandes eaux les pieds de leurs utilisateurs.
Nous voici partis sur la rando primeur. On commence par emprunter une sacrée petite route - vraisemblablement la D4- nous menant après quelques efforts renouvelés sur l'itinéraire Castelnau de Montmiral-Gaillac et ses plateaux . Histoire de redescendre quelque peu jusqu'au Domaine de Vayssette.
Le jeune patron nous accueille avec sourire et gentillesse. On l'a vu grandir d'année en année et prendre de l'assurance et des responsabilités. Je lui parle de la photo de la Dépêche et il s'en amuse.
On déguste blanc et rouge, toast de charcuteries à la main, tout en jetant un oeil aux autres producteurs présents. Un trio de safraniers de Sieurac me parle du côté manuel et naturel de leur métier. Je récupère aussi la carte d'un producteur de plantes médicinales et aromatiques. André s'autorise son même plaisir annuel, l'achat de chocolats noir et blanc. Et magnanime, les partage avec les copains.
On retrouve Anne, Michel M, Hervé, Bernard, Thierry, tous partis d'Albi à 8H30 pour arriver ici par des chemins plus directs.
La seconde étape se situe, comme l'année dernière, à Arzac, au domaine Salvy. Une maison ancestrale de vignerons indépendants. "Depuis cinq générations, est-il écrit sur les dépliants, Michèle Marc et sa famille ont hérité du précieux savoir de l'aïeul au prénom de Salvy, d'où le nom de la propriété".
On la rejoint via Broze et Cahuzac. A voir le nombre de voitures garées sur les trottoirs, le point de départ des rando pédestres du jour a connu une super fréquentation.
En retrouvant la route des vignes, je repense à Robert Plageolles qui m'a initié, lui aussi, au Gaillac, au sens des cépages, des terroirs et de ces chemins de traverse. Je me souviens l'avoir suivi sur cette route qu'il me présentait comme un chemin quasiment spirituel.
On déguste le blanc primeur de Salvy avec...des huîtres. Autour de 10 heures et avant de ré enfourcher nos machines. Elle est pas belle, la vie?
En sortie de salle, la palette des produits Salvy nous ferait presque regretter de partir. Cuvée Léonie en blanc doux, cuvée Naïs en rouge, Mauzac sec..La maison propose même sur Albi des vinibags de 10 litres en AOC Gaillac rouge.
Il fait beau. On allège les tenues. Le groupe initial se scinde en plusieurs groupuscules selon les itinéraires de retour. Albi ou Gaillac. André m’explique l’avancée de ses réflexions pour la sortie 2007 Aux sources du Tarn et du Lot. Un plan B complémentaire du projet présenté en septembre. On est , là aussi, sur le bon chemin…
On rejoint Cestayrols avec une dizaine de comparses et , pour ma part, après quelques difficultés épisodiques avant de mettre pied à terre au célébrissime Domaine de Labarthe de la famille Albert.
Un hélicoptère décolle d'un champ voisin. On l'avait déjà remarqué lors de notre périple sans savoir qu'on le retrouverait ici. Peut être est ce une nouvelle forme de tourisme oenologique haut de gamme. De domaine en domaine...
Dès l'entrée du grand hangar du Domaine de Labarthe, je tombe sur le patron des lieux, Jean Albert en conversation avec Philippe Derrieux ( Domaine de Lacroux) . On se reconnaît tous les trois malgré les années passées et on parle..vignoble et vélo.
J'ai un peu traîné. Je déguste et apprécie- trop rapidement -un verre de gamay rouge de la maison avant de rejoindre ce qu'il reste du groupe. La plupart des copains du CG ont déjà dû repartir. Walter s’est il surpassé pour rentrer à l’heure dite et demandée par Sylvie ? Il faudrait un André pour le raconter..
Je décide de rentrer avec le CRA. Cruel dilemme. Par où repartir pour rejoindre Castanet, Sainte Croix et le domaine d'Escausses? Solution raisonnable axée essentiellement sur du plat ou courte mais folâtre ascension vers Castanet avant de retrouver le plat. Enthousiaste, je choisis la seconde en compagnie de trois types aguerris.
On se la monte, lentement mais sûrement, sans mettre pied à terre.. Bien calé sur le petit plateau et l'avant dernier pignon, je pense intérieurement à quelques portions de la côte de Saint Géraud. Ici, on garde facilement le moral car on visualise la courte et sinueuse distance nous séparant de l'arrivée au village.
Le domaine d'Escausses, à midi, connaît une animation exceptionnelle. Des dizaines de voitures, ou plus encore, attestent de la présence de très nombreuses personnes. Beaucoup , dont Francis et sa femme, se sont inscrits au déjeuner proposé par Jean Marc Balaran.
Le pauvre ne risque pas de courir de table en table. Il s'est récemment cassé la figure d'une échelle et se déplace en fauteuil roulant avec la jambe gauche tendue et maintenue à mi hauteur. Il me raconte son accident en souriant mais j'imagine les complications en tout genre auxquelles il va devoir momentanément faire face.
Il y a aussi foule devant les tables de dégustation. Je me débrouille avec un complice "maison" pour goûter un verre de gamay rouge avant de regarder une expo signée...Donatien Rousseau.
Le copain photographe du Conseil Général est là. On se salue, on discute un peu, tout comme avec Michèle Carcenac , son mari et Christian Jouve. En cet instant, tous trois paraissent visiteurs parmi d’autres. L’heure n’est pas au protocole mais à la visite d’estime et de plaisir. Eux aussi ont droit à un (relatif) anonymat.
Je souris. C’est la première fois que je rencontre un architecte devenu.. secrétaire général de Préfecture. Le cas n’est manifestement pas courant.
L’heure est au retour sur Albi. Une dizaine de kilomètres avant de rejoindre la rue Lamartine. Je l’accomplis en solitaire mais heureux de cette rando si particulière. Unique dans l’année. Joliment composée. La preuve : et de quatre…primeurs !
Michel D (19 novembre 2006)
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