Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
Kourir avec le SJO Ufolep …..pour contrecarrer la crise !
Waouh, quelle semaine ! Crise. Crise. Crise. Crise. Partout, pour tous…. enfin presque !
Crise mondiale, crise boursière, crise bancaire, crise de civilisation, crise des certitudes et même crise des valeurs. Brr, brr…
Utopie ou lueur d’espoir cependant ...et si l’après crise – si elle surgit-débouchait sur la mise en quarantaine de l’individualisme roi.. et si, les mots si employés partout en ce moment de solidarité et de protection solidaire reprenaient tout leur sens ?
Et si, surtout, on s’inspirait d’actions exemplaires existant déjà ? C’est possible. Le monde n’est pas qu’une marchandise.
Grâce à Jacques le Saint Juérien, notre groupe des copains cyclo du Conseil Général du Tarn a côtoyé une de ces initiatives solidaires exemplaires, ce dimanche. La balade cyclo du Saint Juéry Olympique pour les enfants atteints d’arthrite chronique.
Ce dynamique club, si « cher » à Jacques P et à Didier M, s’est rapproché de l’UFOLEP 81, d’Albi Occitan Rando et de l’association KOURIR. Ensemble, ils ont conçu une rando pédestre de trois heures et une rando cyclo en Vallée du Tarn à plusieurs variantes kilométriques. 20, 40, 60ou 80.
Le principe repose sur une participation individuelle volontaire de 5 euros, collectée et reversée par les organisateurs à l’association Kourir. Des clubs voisins, comme le CRA de la célébrissime Nicole et de ses fidèles, ou des groupes informels de copains répondent à l’appel.
Chaque marcheur ou chaque cyclo offre son éco, souffre avec ses potes un peu (ou plus) sur son vélo ou dans ses baskets, goûte, à l’arrivée, sangria et moules au sel de la victoire et participe à une tombola sponsorisée par des entreprises locales. Le tout sur fond de dialogue, de bien être ensemble et de solidarité contre la maladie et ses injustices…
Kourir … et non Courir. Cette association au K étrange est la seule association française regroupant les parents d'enfants atteints d’Arthrite Juvénile Idiopathique et autres maladies rhumatismales de l'enfant.
Cette association nationale dispose d’un solide relais à Saint Juéry. Son Président, familialement concerné, déploie une impressionnante énergie pour faire progresser l’ensemble des démarches d’amélioration. Le site national http://www.kourir.org/ fédère les initiatives et noue de nombreux partenariats.
8 heures. Jean Louis et moi retrouvons au Stadium André puis Didier M. Hervé et Marie Christine sont partis « trailer « en d’autres lieux. Bernard qui ne s’en laisse pas conter pour ses balades a investi Sivens pour une belle animation littéraire.
On rejoint le rassemblement de Saint Juéry en empruntant une Rue des Agriculteurs en pleins travaux de rénovation. Enfin ! Est-ce dû à la prochaine installation des pompiers dans l’ancienne usine Spanghero ?
Sur place, avant de retrouver Anne, Xave et Sébastien, je me fais joyeusement interpeller par un des bénévoles de l’organisation, Philippe L, un ancien voisin du lotissement des Bordes à Saint Juéry , quitté il y a près de 20 ans. Et son père sera là … au retour de notre périple. Emotion, émotion…A l’époque, Xav et Mum fréquentaient l’école René Rouquier dont la Mamie Lauriac était une des agents d’accueil et d’entretien.
9h. L’heure de la Libération a sonné. 120 cyclos s’élancent, tout comme mon vélo Concorde. Le rythme, une fois de plus, s’avère un peu plus que rapide. Peut être aurions nous, Jean Louis et moi, accepter l’idée de Sébastien de partir un peu plus tôt et de se laisser rattraper à l’insu de notre plein gré par ces merveilleux fous pédalant.
On s’accroche, certainement à trente à l’heure ou un peu plus. Les premiers véritables écarts se creusent dans la portion de la côte de Peygues, avant le décrochage vers Longouyrou.
André, Xave, Anne, Thierry s’en vont vivre avec d’autres stars leur vie à deux roues. On ne les reverra pas de sitôt. Je n’ose imaginer leur moyenne générale –certainement plus de 30kms/h- à moins qu’ils ne se fendent prochainement ici de quelques commentaires complémentaires agrémentées des photos de Jacques. Les lecteurs du blog apprécieraient.
On roule donc solidairement à trois complices, Sébastien, Jean Louis et moi. Moments d’amitié et de connivence à allure cependant plus soutenue qu’à l’accoutumée. Par respect pour Kourir et le principe de cette rando exceptionnelle.
Saint Juéry, Longouyrou, Ambialet, Curvalle, Plaisance, Barrage et village de Trébas, Ambialet, Condomine, côte de Fontcouverte, Saint Juéry le Haut, Saint Juéry terminus.
Qu’en retenir ? Du beau, du bon, de l’effort, du plaisant. La température s’est avérée très douce, dès 7H30. 17 degrés. Le ciel dégagé permet au Tarn et au Rance de se dévoiler limpidement. Le soleil rend les paysages de vallées et de plateaux riants sans leur ôter le calme. Le ravitaillement de Villeneuve nous revivifie.
On souffre quelque fois. Entre Villeneuve et Curvalle. A la sortie de Plaisance, avant de contourner Solages et de longer le Rance. Je me fais gratter dans les montées par la femme de Jacques et une de ses copines avant, le poids aidant, de les redépasser à grande vitesse dans les descentes.
On souffre, enfin, dans la dernière méchante côte de Fontcouverte. Elle me parait, en cette fin de parcours, presque interminable. On a surtout l’habitude, il est vrai, de l’arpenter…dans l’autre sens. Comme les pros du Tour, lors d’une célèbre étape contre la montre. Et là, les chronos s’animent.
12H45. On vient d’arriver dans les derniers, contents et finalement assez fiers du contrat rempli. Sans montée dans la voiture balais mais avec les encouragements des précieux motards et de quelques organisateurs à quatre roues. Xave rejoint sa petite famille.
On discute un peu avec André. Les autres copains ont du réintégrer leurs pénates. Au micro, le Président de Kourir et sa fille procèdent au tirage des lots. Contre la crise..d’arthrite juvénile. Contre les crises !
Sangria d’une main, moules et frites de l’autre, on s’apprête à quitter la salle de Saint Juéry, heureux de ces moments partagés et des visages souriants des organisateurs.
On se sourit avec Jean Louis . Surtout lorsqu’il m’explique qu’il s’en repart en voiture l’après midi ramasser des châtaignes.
En arrivant à Albi, au bout de 102 kilomètres accomplis en 4 heures 15, à la moyenne inhabituelle de 23, 9 kms/ heure on a
le sentiment d’avoir réussi à …Kourir avec le SJO Ufolep pour contrecarrer (un peu) la crise .Les crises. Et faire vivre
l'Espoir!
Michel
13 octobre 2008