Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
BORDEAUX – PARIS 2008
Six copains de boulot, d’enfance, de rencontres et deux accompagnateurs…
Thierry Gaux, Jean Pierre Julien,Bernard Laur, Hervé Souyris, André Trémolières et Kamel Khiel, Jacques Raffanel (les deux accompagnateurs).
Vendredi 20 juin.
Départ d’Albi à 14h30. Le forfait de Denis pour ennuis de santé jette un froid ; encore une sortie moto qui terrasse l’Ange Blanc.
Nous serons donc six coureurs : André, Bernard, Hervé, Jean Pierre, Xavier et Thierry que nous prendrons à Pechbonieu. Jacques et Kamel seront nos Saint Christophe.
Artigues-Près Bordeaux, banlieue bordelaise bien entendu, nous passons à la Maison de la Promotion Sociale pour récupérer nos feuilles de route et le tee-shirt de l’édition 2008. L’accueil est très sympathique.
De nombreux camping cars sont installés, il est 19 heures, la convivialité est présente autour des tables et sièges de circonstance sans le petit jaune !
Pour nous, ce sera le restaurant de notre hôtel, le Formule Club à Cénon, assailli par d’autres cyclistes. Buffet d’hors d’œuvre, côte de porc, pâtes, desserts et coucher vers 22 heures. En bordure de rocade, le bâtiment en manque d’isolation phonique ne nous offre pas le sommeil attendu.
Samedi 21 juin.
Il est quatre heures, l’hôtel s’éveille. Nous rejoignons la Maison de la Promotion Sociale pour le petit déjeuner. Les tenues, plutôt que de flatter opérateurs téléphoniques, banque verte ou autres produits, nous renseignent sur la provenance des participants.
Sur la ligne de départ, nous sommes des derniers à se présenter avec tout l’équipement pour la nuit : éclairage avant et arrière. Le contrôle est des plus laxiste pour ne pas dire inexistant.
Neuf cent participants dans la catégorie randonneur, moins de 35 heures. A l’arrière de ce peloton, les cinq cent premiers mètres de notre BPR se font au pas le temps de quitter l’enceinte de départ. L’éclairage est même enlevé et confié à nos deux accompagnateurs.
Ronds points, carrefours, changements de direction. Vraiment lente la sortie d’agglo. !La route vallonnée et rectiligne permet ensuite de voir au loin les groupes qui se forment. Cinq heures, nous sommes à Libourne, km 28.
Les premières voitures accompagnatrices, pour beaucoup reconnaissables à leur remorque, commencent à arriver et entreprendre parfois des dépassements hasardeux. Quelques automobilistes en sens inverse font preuve de compréhension et d’extrême prudence.
Commencent les premiers soulagements de vessies avec des arrêts en bord de route qui provoquent des ralentissements. Il convient de rester vigilant. Difficile de s’attarder sur les châteaux du Pomerol, du Fronsac…
L’allure est soutenue, à chaque côte des distancés mais nous restons à l’arrière de ce peloton de deux cents cyclos. Un incident de chaîne pour Jean-Pierre nous arrête un instant. Le retour sur notre groupe se fait à la façon pros, entre les voitures suiveuses.
Adieu Gironde à la Roche Chalais, bref passage en Dordogne et bienvenue en Charente pour une traversée de 150 kms.
Montmoreau, km 104, premier contrôle à la terrasse du bistrot. Bientôt 10 heures, moyenne 29 km/h.
Plein des bidons et ravitaillement au fourgon…quinze minutes d’arrêt et nous repartons à six.
Une belle descente et pris par la vitesse les premiers en oublient de suivre le fléchage vers la droite. Et oui depuis le départ, à l’arrière nous n’avions pas vu une seule flèche. Ah Panurge !!!
Nous quittons les routes rectilignes avec de super revêtements pour retrouver les chaussées de nos sorties habituelles.
Nous raccrochons de petits groupes pour en former un d’une vingtaine de coureurs. Puis au fur et à mesure, certains s’arrêtent au près de leur voiture suiveuse, d’autres arrivent de l’arrière. A notre tour de se ravitailler et voir passer les premiers qui avaient décroché. Il en ira ainsi pendant la journée.
Coté météo, si à ce jour juin est resté très frais, il nous est promis une journée caniculaire et des orages sur Paris pour le lendemain.Déjà midi, soleil et chaleur sont là, la crème solaire est de rigueur.
La route devient vallonnée, ça cause avec quelques féminines…des nantais, des lyonnais, des cantalous, des basques espagnols….Ah ces maillots aux mentions régionales ! Tiens un maillot de la Castraise, le pharmacien de Castelnau de Montmirail, producteur des senteurs de Grésigne.
Nous trouvons des tandems, des vélos couchés et même une voiturette type « Marathon Eco Shell » mais à pédales !
Chaque deux heures, un arrêt ravitaillement. A Mouzou, c’est en compagnie des sociétaires de Corbas qui arborent un Champion de maillot (publicitaire, le maillot à pois !). Un peu de troc, une bouteille de Gaillac contre des assiettes cartons, achat non réalisé lors de nos emplettes. Bonne ambiance. Un Kangoo du 81 s’arrête au vu de notre fourgon 81. Dire que bientôt ce type d’immatriculation va disparaître. Deux accompagnatrices le pharmacien, quel veinard !
Ah, ces vélos couchés que nous dépassons dans chaque côte et qui nous repassent dans les descentes. A tel point de rendre soupçonneux Thierry .
.«Je suis imprenable en descente» lui lance le pilote .L’inconscient et prétentieux ne sait à qui il s’adresse. Lui Thierry, motard de la Police Nationale, qui nous a époustouflé dans les versants pyrénéens.La première occasion sera la bonne. Beau joueur, il laissera filer l’Imprenable jusqu’à ce qu’il juge suffisante l’avance prise puis lance la chasse en compagnie d’Hervé.
De l’arrière nous n’avons pas eu vent de cet échange et n’avons compris ce jeu. Simples spectateurs non avertis, nous voyons nos deux comparses dépasser l’arrogant, puis l’attendre sans commentaire avant d’aborder la côte suivante.
Quatorze heures 30, 230 kms au second contrôle à l’Isle Jourdain (Vienne).
La chaleur touche les organismes. Xavier est en pré alerte de crampes. L’arrêt sera long, plus d’une heure. De quoi passer un coup de fil à Nathalie, la coach cambonaise du chemin des Merles et repartir avec André pendant que les autres s’attardent pour un petit noir au bistrot - contrôle.
Nous avons de l’avance sur nos prévisions mais conservons le même rythme ménageant cuisses et séant. Toujours chaleur et bosses. Kamel prépare régulièrement des bidons anti crampes à l’eau salée. L’efficacité est probante, Xavier retrouve le moral.
Traversé de Lussac les Châteaux, Angle sur Anglin.
Martizay, km 313, troisième contrôle et premier ravitaillement fourni par l’organisation. Dix neuf heures, la chaleur commence à tomber.
Nos accompagnateurs se sont attardés dans la supérette voisine pour les achats du ravitaillement de nuit. Une demie heure de repos, la tête et les jambes sous la pompe.
Le relief devient facile. Nous empruntons une route fraîchement gravillonnée sur plusieurs kilomètres et pensons à ceux qui y passeront de nuit.
Un panneau bison futé indique « Paris itinéraire bis 260 kms » Pour nous il en reste plus de trois cent. Démoralisant ?… même pas !
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Nous retrouvons le groupe de Corbas suivi du véhicule remorque, vide le matin et à demie chargée à la tombée de la nuit (?). Nous faisons un bout de route ensemble jusqu’à l’explosion d’un pneu les obligeant à rompre notre complicité.
Un catalan, natif de Vielmur sur Agout, en est à sa seconde participation et trouve le parcours 2008 bien plus difficile. Questionné sur les trois dernières côtes vers l’arrivée, il nous rassure ; «elles sont plus courtes et moins dures que celles que nous venons de passer et avec l’euphorie de l’arrivée, pas d’inquiétude à avoir ».
Noyers sur Cher en Loir et Cher après un bref passage en Indre et Loire, km 384 et toujours une moyenne 28- 29 km/h. Quatrième contrôle atteint à la tombée du jour (22h20).
L’arrêt est long, une heure. Jacques et Kamel ont mis la barre haute : potages chauds et cafés en extra. Mise en place des éclairages et baudriers.
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La fraîcheur est agréable au point que la vitesse augmente. Nous traversons à vive allure de petits villages. Un saut de chaîne, Hervé est en délicatesse avec son dérailleur. Un petit arrêt technique et on repart, au pire il y avait le mulet dans le fourgon.
C’est la fête de la musique, des jeunes nous saluent en ce début de journée dominicale.
Cinquième contrôle à Romorantin Lanthenay, hm 418. Zéro heure cinquante, second et dernier ravitaillement de l’organisation sur le parcours.
Au gymnase, douches et tapis de sol permettent un peu de repos à ceux qui le désirent. Sans user de ces équipements mais avec des boissons chaudes, nous repartons vers la Sologne.
Nous dépassons un groupe à l’arrêt. Il nous rejoint rapidement pour profiter de l’éclairage de notre véhicule suiveur. Leur accompagnant moto a du s’arrêter en quête de sommeil. Rouler à 30 km/h derrière des vélos n’est pas une sinécure. De quoi remercier une fois de plus nos protecteurs.
Jusque là nous avons roulé à six, nous voila une quinzaine. A notre tour nous passons le relais. Sous l’impulsion d’un de ces nouveaux compagnons, le rythme s’accélère à la limite de la rupture pour certains des siens. Nous le laissons partir seul, le manque d’éclairage l’assagira. Encore quelques kilomètres et nouvel arrêt sur une aire de station service.
La Sologne est traversée de nuit mais qu’en dire si ce n’est que tout nous est paru facile et agréable.
Vers les quatre heures, arrêt à Tigny (Loiret). Deux cyclos dorment sur la pelouse à côté de leur voiture suiveuse.
Pendant cette pause, les deux premiers concurrents du 27 heures passent, accompagnés d’une voiture avec gyrophares. Ils ont parcouru 504 kms (36 de moyenne) avec huit heures de moins que nous !
Château neuf sur Loire, ou pour certains la frontière Nord – Sud, franchie de nuit.
Le jour se lève, nous dépassons de petits groupes. Vers sept heures, le ciel est menaçant, le vent se lève, l’orage arrive. Pendant l’arrêt k-ways, le peloton des 27 heures nous dépasse.
Autruy sur Juine, Essone, km 558.Sept heures 40 Sixième et dernier contrôle au bistrot du village.
Nous agrémentons notre petit déj de cakes et cafés. Il pleut toujours, il ne reste que 80 kms.
Le ciel s’éclaircit et laisse espérer une arrivée sous le soleil.Le fléchage au sol est parfait, les changements de direction sont de plus en plus nombreux. Un cycliste en sortie du dimanche se joint à nous, sa mère vit à Albi. Il nous annonce Ballainvillers à 7 kms alors qu’il nous en reste plus de 30.
L’approche de l’arrivée est lassante : carrefours, stops, giratoires. On a l’impression de tourner en rond. Les trois dernières côtes sont passées facilement, les plus frais règleront quelques différents amicaux à la pédale.
Ballainvillers, 10h30 et 631 kms (8 de plus à cause d’une déviation). 28h30 de temps total dont 22h30 de vélo à 28 km/h de moyenne.
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Après six mois de préparation, il se dégage une sensation de satisfaction collective d’avoir réalisé cet objectif commun mêlée à de la fierté personnelle car le vélo reste un sport individuel et une somme de souvenirs encore diffus de ces deux journées.
Oubliés les sorties hivernales, la pluie froide de mars, les départs à 6 h du mat, la chute au Riols, les ennuis de santé…
Une pointe d’amertume quand même envers notre Ange Blanc.
Douches, photos souvenirs, repas, diplômes, trophées et nous voila à nouveaux en début d’après midi dans nos véhicules à moteur pour le retour.
Nos deux accompagnateurs nous assurent pouvoir conduire quelques temps. Nous leur adjoignons à chacun un copilote chargé de maintenir leur vigilance en éveil puis après des moments d’évanouissements, les cyclistes tour à tour deviendront chauffeurs.
Dimanche 22 juin, 22 heures, arrivée à Albi.
Un regret tout de même. Faute de bénévoles, nous aurions participé à la der du Bordeaux – Paris …à moins que pour 2010 … Il nous est permis de rêver.
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PS: bientôt d'autres photos de Bordeaux-Paris seront publiées ou rassemblées en un album consultable sur le
blog.
MICHEL