Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
La glissade du professeur La Mouline
Dimanche 11 janvier, dernier jour d’une semaine durant laquelle le Tarn et la neige se sont rencontrés. Albi a connu une nuit et une matinée petitement blanches .Ici, pas d’autres embarras ou plaisirs comme dans le sud ( tarnais).
Jeudi, la météo a annoncé 3 degrés pour ce dimanche. En fait, en arrivant au Stadium, Jean Louis, André de l’Ile et moi constatons sur le thermomètre de Vulcano une température de 2°3.
Sébastien nous rejoint, comme prévu sur les commentaires du blog durant la semaine. Alain –l’artisan-devait aussi être des nôtres mais il a du être retenu au dernier moment par une contrainte insurmontable : une invitation à bricoler de la part d’Arlette , quelques poutres à porter chez sa fille, un retard de TVA, que sais je encore…
Fletcha brille par son absence malgré son courageux message sur Vélossimo annonçant le retour du ch’ti chez les Albigeois.
Sa défection nous affecte profondément. Peut être est elle due à une indigestion de gâteau au maroilles, de velouté de moules aux légumes, de tarte au suc’,de salade ch’ti (tartines au maroilles et andouille), de frites parfaites, de coquilles du nord, d’escalope de Pévèle au maroilles, de rôti de porc au maroilles et de gratin dunkerquois. Nous fera t’il découvrir toutes ces merveilles en 2009 ….après le Ventoux ?
Je suis particulièrement confiant pour cette sortie. Le rythme s’annonce raisonnable, le relief aussi plat que l’encéphalogramme de…( ?).,On doit « mouliner » en principe.
D’autres indices me ravissent. Euskaltissimo a festoyé en famille hier soir, alternant foie gras , noix de Saint Jacques et cake aux légumes, façon Patricia. Sébastien confesse un nombre impressionnant de ripailles entre l’avant Noel et maintenant. André de l’Ile nous certifie toujours apprécier le rhum de sa belle mère.
Bref, cette rando en Gaillacois, à quatre devrait être peinarde. Cool, cool, c’est clair dirait un(e) moins de trente ans.
Erreur. Erreur. Errare humanum est. Jean Louis prend le capitanat de route et se transforme facilement en Professeur La Mouline. Il se rappelle ainsi ses anciennes sorties d’entraînement hivernal avec feu le groupe du Théâtre…
Nous voici donc tous les quatre , à vitesse raisonnée, sur le plateau intermédiaire et sur les pignons arrière les plus grands. Durant quasiment toute la rando. Pour nous donner du courage et nous réchauffer, André de l’Ile interprète a cappella un maloya sur le café. Il nous offre ainsi un chant traditionnel de la Réunion, dont j’apprendrai plus tard qu’il s’agit d’un « chant de complainte, chanté à l'origine par les esclaves ayant le mal du pays ou se plaignant des mauvais traitements de leur maître ».
Manifestement, je ne suis pas habitué à mouliner aussi intensément sur le plat. Fort des cuisses mais peu accoutumé à faire autant bosser les ligaments croisés, je découvre de nouvelles sensations de douleurs.
Sébastien consulte en permanence son micro-ordinateur cyclo lui indiquant le nombre de coups de pédale « …. Tu te rends compte, on était à 120 ! »…
On essaye de tenir le rythme impulsé par Jean Louis et , parfois, portés par l’envie de s’amuser entre copains, on en rajoute . C’est une vraie course sur trente ou cinquante mètres aux panneaux d’entrée de ville, bornes kilométriques, conteneurs pour le tri sélectif.
On s’accorde une halte salvatrice un peu avant Gaillac devant le pigeonnier Est de la Lauze. Il a été récemment restauré avec soin par d’émérites artisans dont le fameux et discret céramiste Didier Imart de Lombers
La rando et les petits sprints reprennent. Réunionnais de Saint Denis, de Saint Paul, de Saint André ou du Tampon, sachez le, votre frère André, le mari de Chimène et le papa d’Angélique et d’Elodie, a gagné le panneau de Gaillac, la capitale de notre vignoble tarnais. Il a sprinté comme un dératé et a franchi en premier, les bras fièrement levés en signe de la victoire, le pont sur le Tarn et le panneau Gaillac d’avant l’abbaye Saint Michel. Il était ravi et nous aussi.
Faut dire aussi qu’avec cet épisode du panneau de Gaillac, Sébastien a gagné un nouveau surnom : Golfech ou , à défaut, Aréva, si le premier ne lui convient pas.
Explication .Notre copain est équipé de semelles de chaussures chauffantes dont l’autonomie électrique s’épuise au bout de 2h30 .
Se sont elles tues exprès au moment de passer le pont ? Toujours est il qu’un des boitiers amovible fixé sur le cuissard un peu plus haut que la cheville s’est mis à pendouiller tristement au moment où Sébastien faisait le sprint contre André et tentait infructueusement de le rattraper.
Jean Louis et moi, nettement derrière, avons éclaté de rire tant la scène était cocasse. Et devant ses doubles soucis de productions énergétiques (les muscles et l’ électricité) nous l’avons affublé du sobriquet de Golfech.
Retour sur Albi par nos routes habituelles sans histoire .Du moins de Gaillac jusqu’à l’entrée du Séquestre. Là, Professeur La Mouline a glissé sur une bande blanche de passage piéton.
Je ne peux pas raconter précisément la chute car , devant, je poursuivais « brillamment » un effort solitaire de routier –sprinter désireux de gagner Albi! Je n’ai pas malheureusement entendu les cris des copains.
Les attendant à hauteur du circuit, j’ai été averti par un groupe de cyclos de la chute . «…T’as un pote qui est tombé. Ca n’a pas l’air grave !»
Inquiet, je fais demi tour et retrouve, entouré de Sébastien et d’André. Euskaltissimo en grande inspection de son cher vélo , « Pourvu qu’il n’ait rien ( le vélo !)me dit il !
Le bonhomme n’est pas au mieux de sa forme car il est tombé sur la hanche. Il peut cependant marcher et remonter sur son Orbea basque dont le dérailleur mérite un recentage. Rien de cassé pour le bonhomme, c’est l’essentiel.
En glissant, Professeur La Mouline vient de gagner vraisemblablement un ticket d’une semaine pour quelques inédites souffrances selon les statures adoptées pour accomplir tous ses actes quotidiens civils ou professionnels.
S’en suivront aussi un bel hématome de plus en plus coloré au fil des jours , l’assistance infinie et délicate de Patricia et de la famille et… la solidarité des copains du vélo.
Euskaltelssimo, kuraia on!
