Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
Et si le joueur de Sale, titularisé en troisième ligne contre l'Angleterre ce dimanche, n'était là que pour rappeler, de façon échevelée, la splendeur passée du XV de France.
Sébastien Chabal contre l'Australie, le 22 novembre 2008 au Stade de France. (REUTERS)
De la place occupée par Sébastien Chabal en équipe de France de Rugby, qui se soucie ? Qui se soucie, même, au fond, au demeurant, de savoir si Sébastien Chabal est ou non un bon joueur de
rugby ? Il paraît même qu’il ne l’est pas, qu’il l’est en tout cas infiniment moinssse que ses équivalents en poids, Nallet, Harinordoquy, que ses devanciers en fonction, Condom, Lorieux,
Joinel, Rodriguez… Il apparaît même souvent qu’il ne l’est pas…
Il est assez manifeste que Sébastien Chabal est avant tout un corps dont la fonction principale est de faire signe, signe de beauté sauvage, de force
éperdue, de panache membré, de démesure bretteuse. Signe, marque, écu, griffe…
Il est assez clair que plus que de joueur de rugby, Sébastien Chabal vient au cœur du XV de France tenir le poste d’emblème et de prothèse, c’est-à-dire
d’emblème d’un temps perdu qu’un signe vient tant bien que mal s’évertuer à rappeler pour donner l’illusion de sa présence.
Il y a des années, pour être tout à fait franc, que le XV de France ne pratique plus ce rugby qui fit sa gloire, notamment, dans les années 80, à l’époque où, de l’arrière Blanco au magnifique et
retors Garuet en passant par les brillantissimes, Cordoniou, Champ, Lagisquet, Estève, Pardo, Lacans, Rives, Erbani, Dintrans, Mesnel, Sella, Deylaud, Berbizier, Gallion, Dhospital, Paparemborde,
toute la confrérie d’hommes en boule sur le gazon sonnait avec constance une charge orgueilleuse et belle, superbe au sens latin, libre, audacieuse, échevelée, une charge qui avait, somme toute,
la belle gueule en cheveux de Chabal…
Et c’est cela, Chabal, au sein du XV de France, l’emblème physique, l’ensemble physiognomonique signifiant le charme et la force et la grandeur absentes, en assurant symboliquement et vainement
la présence sur le terrain, la prothèse qui compense l’absence ici et maintenant de ce rugby-là.
Chabal, c’est l’antidote symbolique à l’embourgeoisement du rugby français, à l’abandon qui est depuis longtemps le sien (ah, la pathétique ère Laporte…) de ses fondamentaux distinctifs. Plus le
XV de France joue mal et sans cœur et sans corps, plus il a besoin, à quelque poste que ce soit, de cette incarnation du beau, du cœur et du corps qu’est Sébastien Chabal. Ainsi, plus la cour
d’Angleterre est inélégante plus elle ajoute d’œillets à ses boutonnières…
Chabal troisième ligne, fort bien ! Qu’importe, puisque le rugby français a décidé de jouer à quatorze plus le signe de ce qu’il fut, où l’on place ce signe… Mais osera-t-on dire qu’il eût
été plus logique de le placer à l’arrière…?