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Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...

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Le serment de Beille et Dany Mac Gyver

 

 

Le serment de Beille et Dany  Mac Gyver

 

 

C’était en avril 2006. De retour d’un périple du groupe autour de Tarascon , du Col de Port et du plateau de Beille, je racontais sur le blog les exploits montagnards des copains et ma mésaventure du jour .

 

Elle s’avérait de taille : le dérailleur pété par manque d’huile, après une inhabituelle toilette de fond de Concorde à l’eau et au dégrippant , la réparation miracle du docteur Dany en haut de la Route de la Corniche à Cazenave, me permettant de rouler facilement en descente et sur le plat mais m’interdisant  l’ascension du Plateau de Beille sur un unique rapport, enfin un stage prolongé au bistrot des Cabannes avec Fletcha pendant que les autres se coltinaient Beille..

 

Je viens de relire. J’avais aussi écrit « …Mais Beille, tu ne perds rien pour attendre. Je t’aurai. Un jour. Une autre fois.  Je reviendrai…J’en fais le serment. »

 

Nous y voici, ce samedi 16 mai 2009. Dans le cadre de la préparation du Ventoux ( dans un mois à peine !) nous sommes récemment convenus de beiller ensemble.

 

Jean Louis et André sont venus me chercher autour de six heures rue Lamartine .Ils ont laissé la  voiture réunionnaise et nous avons installé  les trois montures  sur  le porte vélo du Scénic basque. 

 

On a retrouvé au Stadium Jacques, Xav, Fletcha, Alain, Walter, Dany, Didier le duc de Chevreuse, et Anne, notre sœur Anne.

 

Trois véhicules, deux remorques dont celle du Cyclo Racing Albigeois et un porte vélo nous faciltent les transports. . On quitte Albi pour Toulouse , Foix et «  la route du Pastaga  Andorran » après l’indispensable halte de Xav dans la boulangerie du rond point de Gesse pour sa dégustation matinale de chocolatines.

 

Anne, André , et moi nous laissons  conduire par Jean Louis. Dany, Didier et Fletcha forment un second équipage. Jacques convoie Walter, Xav et Alain.;

 

Ah, Jean Louis et les voitures !: le régulateur de vitesse, l’alerte radars, le caisson climatisé pour les  bouteilles d’eau ( uniquement d’eau ?), les CD compilés, la boite de vitesse à six rapports, le matériel de pique nique pour les Chateaux Cathares, la Couvertoirade ou le port de la Rochelle….et une conduite si douce qu’on en oublierait presque  les  134 kms/heure  affichés sur le longiligne compteur.

 

Lors de la halte d’après péage, Anne nous offre son café et André quelques biscuits d’ accompagnement . Le tout sur fond naturel de Pyrénées aux sommets enneigés. Quel décor magnifique , malheureusement annonciateur de changement de temps pour les prochains jours. Mais que les photos doivent être belles, isn’it Anne ?

 

A Tarascon , on gare les voitures sur notre parking habituel , en face des deux bistrots servant de halte aux cars transporteurs d’ « arsouilles en vadrouille vers les alcools pas cool du Pas de la Case ». Joli spectacle  notamment que ces gens de Caussade, capitale du Chapeau, candidats à la prise de casque !

 

Les vélos sont descendus, les sacs sortis des coffres. Tous en cuissards courts. On se prépare à notre escapade. Walter fait une première apparition muni de son légrendaire coupe-vent préservatif avant d’adopter une tenue du haut plus aérée.

 

La météo nous sourit. Irrésistiblement. Il fait vraiment doux, très doux. Environ quatorze degrés. Xav me conseille de laisser ma veste Crédit Agricole dans le sac. On ne va pas tarder à frayer avec les côtes , de quoi se réchauffer. C’est surtout pour la descente de Beille qu’il convient de prévoir  des tenues supplémentaires.

 

Les clic clac des cales des pédales résonnent. On quitte le parking pour occuper prudemment le bord de la route les uns derrière les autres..

 

Dany, l’hyper mécano du groupe, se rend alors compte d’un problème à la roue arrière de son vélo.

 

O paradoxe des paradoxes !. Notre pote Le Grand Réparateur des problèmes mécaniques des autres s’est mélangé les pignons arrière  la veille au soir. En installant le jeu le plus approprié , il a        du oublier un ou deux réglages. ça couine, ca craque ….

 

Un autre que lui serait rentré à la maison ou aurait cherché dans toute la ville un marchand de cycles.  .Dany le Sage se transforme en Mac Gyver et invente une réparation en coinçant un tube  d’overstim’s entre deux pignons tout en se condamnant à rester sans cesse sur le même rapport, en milieu de cassette.

 

A Bompas, trois petits kilomètres après le départ, les gars , en tête de peloton, tournent prématurément à droite et nous font pénétrer dans le village par un terrible rampaillou inconnu de tous. On les maudit sans arriver à identifier le vrai fautif..

 

J‘ai déjà mal aux jambes, Jean Louis ne parait pas plus gaillard. Ca promet !

 

Nous voici tous à l’attaque de la Route de la Corniche, vers Arnaves, Serres et Cazenaves  avant de connaître les sensations de la descente vers Verdun et les Cabannes.  Soit finalement 20 kms depuis Tarascon.

 

Les écarts commencent à se creuser. Le  groupe s’étire , seules les stars demeurent groupées. Je monte lentement «  à ma main » sans imaginer que Jean Louis pédale difficilement derrière.  Je m’accroche dans ces lacets ascendants  en repensant à mes soucis de 2006 sur ce même itinéraire . A l’époque, je l’avais grimpé , à l’insu de mon plein gré, ..à pied.

 

Gagné. Je reconnais le mur du village de Cazenave où Dany avait chirurgi calement soigné ma chaine et mon dérailleur. Et j’aperçois enfin les copains. Euskaltellisimo arrive  un peu après et nous fait part de ses soucis techniques avec son petit plateau.

 

1OH15 environ. On se lance les uns après les autres à l’assaut de Beille. Presque 17kms et sacrée une montée commençant 50 mètres après la place du village. On  s’élèvera de 535 mètres à 1749 mètres avec  un pourcentage moyen de 8%.

 

Les premiers lacets dépassent tous les 6% mais la qualité du revêtement contribue à la conservation du moral. André de l’Ile tente gentiment de m’accompagner mais je l’en dissuade tant nos rythmes diffèrent dès le début. Je lui rends sa liberté malgré lui.

 

 Derrière ,,Jacques et Jean Louis cheminent de concert pour le moment . On se fait ensuite gratter tous les trois par Dany Mac Gyver  insolemment à l’aise sur son vélo aux pignons immobiles et raccommodés avec ingéniosité.

 

Ah , Beille. J’ai voulu t’avoir. Je t’ai eue ; Je suis arrivé au terminus, sur le plateau . J’ai respiré un grand coup  devant les bâtiments d’accueil (au départ des pistes) mais au prix de quelques souffrances bien réelles. En plus de deux heures, longtemps après tous, hormis Jean Louis qui , raisonnablement, a écouté ses douleurs et a jugé plus prudent de redescendre à mi chemin. Mais lui aussi, un jour, il régularisera l’affaire.

 

Anne et Xav ont à peine mis plus d’une heure 30. Alain et Dany se sont très bien comportés. Les autres ont tous  sû gérer…même si André , au fil des efforts , s’est posé de fortes questions métaphysiques sur le thême… » mais , moi l’enfant de L’Ile, qu’est ce que je fous ici à me coltiner cette route qui n’en finit pas de monter ! »

 

J’ai mis pied à terre trois  fois, . La première, la plus sensible, s’est déroulée   au  1Oème kilomètre sur un passage intraitable à plus de 10% puisque la moyenne de ce kilomètre se situe , dit on, à 10 ,8%;.Sans replat alors que tout l’organisme en réclame un. Je dis alors clairement à Jacques, mon fidèle co listier, de ne plus  m’attendre .

 

Je suis alors  incapable de maîtriser les deux crampes apparues dès que je me suis essayé à rouler  en danseuse, debout sur les pédales.  .Essouflé plus que d’habitude,  je me suis aussi senti  obligé aussi de «  faire tomber le cardio ( 174)»  pour mieux  préparer  la suite des efforts!. 

 

Quelle galère dès lors pour remonter sur le vélo et avancer en côte sur le petit plateau et le pignon tout à gauche. Quelle difficulté à insérer la seconde chaussure dans le cale pied.  Quelle forte envie de tout arrêter ! Non aux ours disent de nombreuses inscriptions sur la route, non à ces côtes incessantes ai-je envie de crier tout en guettant les quelques virages à prendre de l’extérieur pour récupérer sur quelques mètres.

 

Et , en plus, En peinant lors de ce 10 ,ème kilomètre, je fais tomber et  j’abandonne un gant après avoir inséré la paire entre la ceinture du sac et le maillot. Pas le courage de m’en retourner plus bas le rechercher.  Au retour, Linlin , l’artisan au grand cœur, me le récupèrera.

 

Durant chaque kilomètre, tout comme les copains, je guette les deux signalétiques en bord de route , la jaune et noir des poètes ariégeois de la voirie départementale et la crème et verte précisant le pourcentage moyen.  Du genre, 7,5%, 1O%, 9,5%, 8, 5%, 9,5%, 8,5% . Je me surprends  même  à applaudir intérieurement en découvrant des panneaux annonçant 7 ou 7, 5% !

 

 Les quatre derniers kilomètres  avoisinent les 7% et permettent de tenir bon même si quelques passages s’avèrent belliqueux. Le paysage stimule aussi le cyclo , bien évidemment.

 

 Je croise le Duc de Chevreuse qui redescend pour s’arrêter prendre quelques photos. A l’arrivée, la grande zône goudronnée ressemble presque à un terrain de foot. On a presque envie de courir sur le plat.

 

Dernier des derniers pour la montée, j’en  termine en sprintant sur les derniers mètres. Histoire de me faire pardonner par les copains pour leur longue attente.

 

Anne et André  jouent  les photographes . .J’apprécie. Il me faut bien quelques preuves attestant du respect de mon Serment de Beille et de son bon déroulement.


 

 

 


Je m’octroie   quelques bonnes secondes de récupération sur le plateau, enfin débarrassé du casque. Avant de m’alimenter à mon tour  et  de poser pour une ultime  photo. Avant aussi  de revêtir veste et coupe vent et de redescendre très tranquillement avec Jacques pour apprécier le paysage. Et de jubiler plus ou moins silencieusement en découvrant ce que l’on vient de monter. Impressionnant !!!

 

O

                                                  

On rejoint ensuite tous deux Tarascon par la route du Pastaga , laissant  les autres copains s’en revenir par la Route de la Corniche. Anne et Xav y rivalisent d’aisance. Walter cultive son teint cuivré des jours de grands efforts. André de l’Ile opte finalement pour le retour façon grupettistes mais il l’accomplit solitairement. Dany . Mac Gyver  maîtrise toujours aussi facilement le rythme d’ensemble  .Sa réparation va devenir légendaire.

 

On se retrouve tous au parking . Jean Louis, déçu mais certain d’avoir pris la bonne décision pour honorer à sa manière nos prochains rendez vous ( André , tu vas souffrir , c’est sûr!) , nous y attend.

 

Rassasiés par deux succulentes  quiches de Nathalie et  hilares devant le changement de tenue sur la voie publique de Fletcha, on reforme les équipages de l’aller pour rejoindre Albi.

 

Dans les voitures, on refait tous plus ou moins le film de la journée.

 

Je suis fier d’être arrivé au bout de l’ascension mais un peu déçu d’avoir du poser pied à terre,. Je reste subjugué par la beauté des paysages de montagne et conscient des efforts à accomplir pour maîtriser techniquement les côtes supérieures à 6% .

 

Le syndrome  Ventoux nous habite maintenant totalement. Cette si belle journée du Serment de Beille et de Dany Mac Gyver y a largement contribué de la plus belle des façons.


 

 

 

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