Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
Coupe du monde de rugby : "Le climat alarmiste qui entoure le XV de France est choquant"
LEMONDE.FR | 12.09.11 | 17h46 • Mis à jour le 12.09.11 | 18h08
A peine commencée, déjà riche en enseignements. Si toutes les équipes n'ont pas encore disputé leur premier match de Coupe du monde, les favoris sont entrés en lice. Et ils ont peiné pour s'imposer. Henry Broncan, entraîneur d'Albi (Pro D2), surnommé le Sorcier gersois, livre ses impressions sur ce début de compétition, et s'inquiète du climat qui entoure l'équipe de France.
Quel premier bilan faites-vous de ce début de Coupe du monde ?
L'enseignement principal est que tous les favoris ont rencontré des difficultés pour leur entrée dans la compétition. La France a été inquiétée par le Japon, la Nouvelle-Zélande a fait une deuxième mi-temps blanche face au Tonga, l'Australie a été contrariée pendant plus d'une heure par l'Italie... Cela s'explique à la fois par la difficulté pour les grandes équipes de négocier leur premier match, mais aussi par le nivellement du niveau de jeu. Le rugby international progresse. Les joueurs évoluent désormais dans les meilleurs championnats. L'apport de joueurs étrangers est également une donnée importante. Le Japon, par exemple, compte plusieurs Néo-Zélandais dans ses rangs. Une chose est sûre, c'est très bien pour le rugby.
Êtes-vous inquiets pour les favoris de la compétition ?
Je ne pense pas que ces "petites" équipes puissent rééditer ces performances dans la durée. Elles donnent beaucoup, il va y avoir de la fatigue. On l'a vu lors des dix dernières minutes du match du Japon face à la France. Ou lors de la seconde mi-temps de l'Australie. Quant à l'Afrique du Sud, il était attendu qu'elle peine à s'imposer face aux Gallois, et les Springboks ont effectivement rencontré beaucoup de difficultés. Leur jeu n'a pas vraiment évolué depuis 2007. Mais ce sont surtout les All Blacks qui ne m'ont pas rassuré. Leur mêlée n'a pas été dominatrice, il y a eu des ratés en touche, le jeu au pied de Dan Carter n'a pas été exceptionnel. On voit toute leur classe sur certaines actions mais leur deuxième mi-temps m'a dérangé. En tout cas, leur performance m'inquiète plus que celle de l'équipe de France...
Justement, que pensez-vous des critiques qui s'abattent sur le XV tricolore après sa victoire poussive face au Japon ?
C'est la curée. Je suis un peu choqué par le climat alarmiste qui entoure l'équipe de France. On est très exigeant avec cette équipe. Marc Lièvremont est un perfectionniste et c'est bien qu'il mette la pression sur son équipe. Mais quand j'entends des observateurs dire que que cette équipe n'a pas d'âme, que Dusautoir n'est pas un bon capitaine, ou que l'on reparle du syndrome italien... il ne faut pas exagérer. Il y a eu une petite crainte à 25-21 mais l'équipe de France a su se ressaisir. On a quand même marqué six essais ! Il faut retenir les dix bonnes dernières minutes, le bon coaching de Marc Lièvremont avec la rentrée de Morgan Parra, les qualités de vitesse, la bonne tenue du pack, la conquête solide. Les joueurs se sont relâchés inconsciemment mais il faut également tenir compte de l'adversaire. Les Japonais ont beaucoup donné, ils ont un très bon entraîneur, avec un jeu basé sur la vivacité.
A quoi peut-on s'attendre face au Canada ?
Marc Lièvremont va sans doute essayer de mettre en place une deuxième équipe. Faut-il impliquer tout le groupe ou au contraire garder les mêmes joueurs pour peaufiner les automatismes ? Ça se discute. Pour moi, la logique veut que tout le monde puisse avoir sa chance.
Quelles sont les bonnes surprises de ce début de compétition ?
Parmi les bonnes surprises, j'ai apprécié la performance des Américains qui ont longtemps tenu tête à l'Irlande. Le jeu des Japonais, tout en vivacité, m'a également beaucoup plu. La Roumanie, qui menait au score face à l'Écosse à 12 minutes de la fin, compte aussi beaucoup de joueurs ayant progressé de manière significative. On assiste peut-être d'ailleurs au renouveau du rugby roumain. Au niveau individuel, il faut noter la très bonne rentrée de Marcelo Bosch face à l'Angleterre. Tous les ballons qu'il a touchés ont été dangereux. C'est un joueur de très grande qualité. Sonny Bill Williams a également livré une grande performance pour les All Blacks.
Propos recueillis par Maxime Goldbaum