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Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...

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« Fatwa pour l’Ange Blanc ? »

 

 

      Samedi 7 octobre. Soirée exceptionnelle pour notre  groupe de copains du «  vélo ». On change toutes nos habitudes de sorties : heure, lieu, machine.

 

 

On corse même  le tout par un amical défi sportif et pédestre envers d’autres valeureux agents du CG. Les coureurs à pieds.  Et, durant la semaine,  par une préparation appropriée pour les copains directement concernés  sous la houlette d’Anne la déterminée.

 

 

Voici le temps de l’Ekiden d’Albi et de l’équipe d’Anne et les garçons. Le marathon- relais fête même son 10 ème anniversaire. Et regroupe ce soir près de 250 équipes de six coureurs de tout âge, tout sexe, toute origine. Dont une, la nôtre avec, aux basquettes, Anne, Hervé, Bernard, Denis, Xave et Thierry. Marie Christine, Andrée et moi devrons jouer  les supporters tonitruants.

 

 

L’idée de participer à l’Ekiden d’Albi a germé au plus fort de l’épopée cyclo de la Transpyrénéenne dans l’esprit d’Hervé. Denis, Xave et Bernard ont du naturellement acquiescer aussitôt. Walter était partant jusqu’au moment où il lui a fallu décider de la date de ses vacances chez les cousins italiens. Subito, il s’est tourné vers Thierry ou plutôt est parvenu à le joindre par téléphone ( !!!) pour lui proposer de le suppléer. Quant à Anne, sollicitée par plusieurs équipes en gestation, elle a – nous n’en doutons pas- fait le bon choix.

 

 

C’est le grand mélange sportif nocturne  autour de la Cathédrale d’Albi. Des couleurs et de la lumière de partout et un espace urbain enfin confisqué ce soir aux voitures !

 

 

Je repense en souriant à l’affiche de création de Paris  Ecologie par Brice Lalonde et d’autres dans les années 80 .Le dessin de Cabu , sauf erreur, représentait une ville superbe aux larges rues et beaux monuments libérés de la bagnole et animés par des groupes de jeunes gens joyeux et colorés . Les arbres en plus, le mobilier pseudo moderne et faussement decauxien en moins …

 

 

N’empêche, on s’y croirait presque. Gens et patrimoine communient  sereinement. Tout est beau, tout fonctionne sans accroc, à l’image de l’écran géant et discret. Seule, la sono, parfois, ne parvient pas à se faire entendre distinctement.

 

 

 Les banderoles publicitaires des sponsors demeurent elles aussi discrètes, l’arche d’arrivée n’en comporte apparemment pas…on est loin des arrivées d’étapes du Tour de France. On se sent partie prenante d’une manifestation à visage humain.

 

 

Les briques de la Cathédrale , du Musée et des maisons se mirent  dans les verres des lampadaires modernistes aux lumières orangées. Des centaines de sacs de sports jonchent le  devant des vitrines souvent éclairées et toujours fermées.

 

 

 Partout, des bipèdes de toute morphologie  et de tout âge  , vêtus de maillots et de déguisements tout acabit trottinent, se dodelinent,  se saluent sportivement. On remarque  bien parfois une certaine  blancheur de teint  sur quelques visages solitaires un peu stressés. « Serais je à la hauteur, à l’heure de ce rendez  vous collectif ? »  doivent ils se ressasser intérieurement.

 

 

Je salue quelques copains du CG et d’ailleurs. Revoie aussi d’anciennes connaissances. Encourage Francis qui court avec ses potes de Lescure,  Pascal avec ceux de Mirandol. Apprends que Laurent, Hélène  et Jean Louis constituent l’ossature de notre équipe concurrente. Et qu’une troisième équipe, exclusivement féminine court sous la bannière Conseil Général. Je  rencontre aussi Richard en train de proposer ses services de relayeur à la cantonade. Plus tard, on discutera  avec Philippe Andouard et Madame .

 

 

Je me renseigne sur les conditions de ce marathon -relais à la japonaise. La distance du marathon (42, 195 Kms)  est scrupuleusement respectée. Fragmentée en six portions de 5 à 10 Kms  autour d’un parcours urbain en boucle de 5 kms.

 

 

Démarrant et s’achevant, sauf pour le dernier relais, Place de la Cathédrale , l’itinéraire emprunte Quai Choiseul - Pont vieux - Rue Rinaldi - Rue La Madeleine - Rue Escudié - Bvd Alsace Lorraine - Rond point Bd Strasbourg/Av A. Thomas - Bvd Strasbourg - Pont Neuf - Lices - Rue A. Malroux - Rue Timbal - Place du Vigan - Rue de l'Hôtel de ville - Rue de l'Oulmet - Rue de Verdusse - Bvd Sibille - Bvd Salengro - Rue Ch. Portal - Rue de Finlande - Rue E. Jolibois - Rue Compayre - Pont de la République - Rue du Castelviel.

 

Anne, entraîneur et capitaine de route, a fait entériner l’ordre des prises de passage par ses mâles équipiers. Elle accomplira les cinq premiers kilomètres pour imprimer un rythme soutenu et emmagasiner, si possible, une marge d’avance « respectable »sur nos concurrents directs. Hervé assurera les 10 kilomètres suivants. Bernard les 5 suivants, Denis les 10, Xave les 5  derniers, Thierry les ultimes 7, 195.

 

 

La prévision s’est elle réalisée ?

 

 

Oui  assurément. Anne s’est battue comme une lionne alors que ses concurrents ne l’ont pas ménagée. Coudes pointus à l’appui. Elle a d’ailleurs promis de s’en souvenir un jour de retrouvailles au Stadium. «  Hervé le sûr » a assuré. Et préservé une bonne partie de la marge d’avance sous le regard fier et attendri de  Marie Christine .Bernard s’est affublé d’un impressionnant bandage au genou mais c’était pour mieux cacher son jeu. Son parcours s’est bien passé. Il n’a connu aucune émotion. En fin presque…

 

 

Inimaginable, incroyable …mais vrai, Bernard le téméraire a tout donné de son énergie pour transmettre  le relais dans les meilleures conditions possibles à Denis. Et ça ne s’est pas  passé comme prévu !

 

 

Denis, l’Ange Blanc, notre mentor es vélo, le professeur, l’auto préparateur sportif  hors pair, l’unique échangeur de maillot du Tarn avec un digne représentant du Colorado n’était  pas là . Là, en bord de barrières…comme tous les autres relayeurs trépignant sur place.

 

 

L’Ange Blanc n’était pas non plus allé se recueillir dans le jubée de la Cathédrale ou prendre quelques derniers conseils divins. Non, il devisait non loin des barrières , dans l’enclos coureurs  avec un copain.  Faisant fi de l’écran géant et des derniers efforts de Lolo.

 

 

Lequel, malgré sa fatigue , éructa si fort pendant trente secondes que la Cathédrale en trembla et que Denis , à l’appel de son prénom, se réanima.

 

 

 L’Ange Blanc a ainsi mis en émoi Bernard et les Dieux du Stade . Se réuniront ils, toutes religions confondues pour lui signifier, par bulle ou fatwa, qu’il faut toujours attendre son prochain et le retrouver à la bonne heure ?

 

 

A son corps défendant, Denis subit le comptage de ces trente secondes de non course dans son temps total de relais. Sans conséquence néfaste pour l’équipe car l’Ange avait retrouvé ses ailes.

 

 

Xave , un temps angoissé pour retrouver le point de ralliement préalable du groupe, s’est bien débrouillé , guidé de temps à autre par Anne et son VTC .Il a su gérer  avec méthode et chronomètre ses efforts kilomètre par kilomètre malgré quelques (kilo) grammes , dit il, superflus par rapport à son poids de forme de la Transpyrénéenne.

 

 

Avant le dernier relais de Thierry, notre équipe « Anne et les garçons »  semblait donc en capacité de réussir ses objectifs de temps et de « gagne » sur l’équipe amie et concurrente d’ « Hélène et les garçons ».

 

 

L’ultime verdict  reposait sur Thierry, le copain d’enfance d’Hervé. Surnommé SFR ou Téléphonica en raison de ses capacités mobiles .Thierry,  le sprinteur , gagneur des panneaux d’entrées de ville , sauf quand il trouve comme  à Port Vendres un « facteur »farfadet  d’un jour suffisamment irrespectueux des hiérarchies établies .

 

 

Retrouver Thierry pour l’Ekiden  m’a procuré un réel plaisir tant il a apporté de gentillesse, d’écoute , de capacités d’échanges et d’estime des autres lors de la traversée des Pyrénées. On s’est fait la bise.

 

 

Je l’ai observé du coin de l’œil. Avant sa prise de relais. Déterminé comme Anne, anxieux comme aurait pu l’être el Fanfaronissimo, attentif et ponctuel comme Xave et (d’habitude ? ) l’Ange Blanc…

 

 

Avec peu d’entraînement préalable en course à pied, il s’est, lui aussi, remarquablement comporté. Je me souviens de ses derniers mètres de sprint. En le voyant, dents serrées, lèvres relevées et  air guerrier, j’ai pensé un instant à un cheval pur sang  sublimant toute douleur pour gagner.

 

 

On se souvient aussi de l’arrivée d’un autre copain-collègue. Richard. Manifestement, il était allé loin dans l’effort et le retour au rythme des marcheurs, dès le passage de la ligne d’arrivée, a semblé heurté.

 

 

Notre statut de supporteur nous a permis, à Marie Christine, Andrée et moi, de nous transporter au fil des relais de la place de la Cathédrale   à l’entrée de la Préfecture. Afin de clamer et déclamer nos encouragements en ces deux lieux «  aux nôtres » et, rien que pour le fun, à quelques inconnu(e)s.

 

 

Quel pied de s’enthousiasmer  ainsi pour une  bonne cause sous les fenêtres du Préfet -chantre de la sécurité  en pleine nuit !  On le fait pour le sport mais d’autres causes , les journaux locaux en témoignent, sont d’une cuisante actualité.

 

 

On s’est donc pris au jeu sportif . Et on a déclamé avec force  des « Allez Anne !....Hervé ! Hervé !... Vas y Lolo ! … Allez Denis !...  Bravo Xave !... Thierry !, Thierry ! » à faire enrager quelques stars homonymes.

 

 

Résultat des courses. Avant même les diffusions officielles, l’équipe «  Anne et les garçons » rayonnait. Objectif atteint : temps correct, gagne acquise, ambiance interne au top. Ne restait plus , acteurs et supporteurs réunis , qu’à «  aller casser la graine chez Anne et ( son) Michel ».

 

 

Ce qui fut fait. Et bien fait. Suavement  et   amicalement. Que des ondes positives dans les conversations et les assiettes ! Apéro réunionnais, amuse gueules,  salades, quiches, boudin, saucisses, fromages, tiramisu, Marcillac, Gaillac de chez l’ami Jean Marc Ballaran et blanc du Portugal…De l’eau aussi , de la Tarnaise de Castelnau de Brassac.

 

 

On a parlé marathon-relais, rugby, vins, famille, voyages, parpaillots, charcutier de Vabre,  métier, police et gouvernement, livres et contes, éducation, Rue du Bain, bref de tout et de rien.   Un projet de  sortie  VTT s’est ébauché entre les plus mordus .   A suivre.

 

 

Durant la soirée, Andrée a prévenu el Fanfaronissimo des exploits de l’équipe. « Mission Ekiden accomplie ».Le secrétaire est ainsi au courant. On lui doit bien ça. Lui qui d’habitude nous informe si longuement par mail  du détail de nos futures sorties cyclo.

 

 

 Une montre a fini par indiquer  2H30. On a pris le temps une dernière fois de se  quitter   contents de l’Ekiden et de son prolongement, chemin de Lavazière. Heureux d’avoir partagé ces doux moments. …Et prêts pour quelques heures de somme réparateur .

 

 

Nos vélos se reposeront  vraisemblablement pour la plupart ce dimanche matin .Au lieu d’arpenter dès 8H30 quelques faux plats de la Vallée du Tarn ou du Ségala. Dommage pour le volet caritatif du projet de l’association saint juérienne déjà testé l’année dernière. André et d’autres copains absents ce soir y seront présents certainement. Et pédaleront aussi  pour nous. Sur un parcours supposé plus facile qu’en 2006.Vraiment ?

 

 

Egoïstement  , je tâcherai , après quand même six  heures de sommeil , d’honorer  un autre genre de rendez vous , un tantinet sportif et partageur  mais principalement épicurien : la cueillette de ceps en forêt lacaunaise. Sans risquer de m’attirer la colère de quiconque,  dieux compris !

 

 

 Il faut toujours tenir compte de l’expérience des autres .Celle des hommes comme celle des anges .Et quand il s’agit des mêmes….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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