Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
On corse même le tout par un amical défi sportif et pédestre envers d’autres valeureux agents du CG. Les coureurs à pieds. Et, durant la semaine, par une préparation appropriée pour les copains directement concernés sous la houlette d’Anne la déterminée.
Voici le temps de l’Ekiden d’Albi et de l’équipe d’Anne et les garçons. Le marathon- relais fête même son 10 ème anniversaire. Et regroupe ce soir près de 250 équipes de six coureurs de tout âge, tout sexe, toute origine. Dont une, la nôtre avec, aux basquettes, Anne, Hervé, Bernard, Denis, Xave et Thierry. Marie Christine, Andrée et moi devrons jouer les supporters tonitruants.
L’idée de participer à l’Ekiden d’Albi a germé au plus fort de l’épopée cyclo de
C’est le grand mélange sportif nocturne autour de
Je repense en souriant à l’affiche de création de Paris Ecologie par Brice Lalonde et d’autres dans les années 80 .Le dessin de Cabu , sauf erreur, représentait une ville superbe aux larges rues et beaux monuments libérés de la bagnole et animés par des groupes de jeunes gens joyeux et colorés . Les arbres en plus, le mobilier pseudo moderne et faussement decauxien en moins …
N’empêche, on s’y croirait presque. Gens et patrimoine communient sereinement. Tout est beau, tout fonctionne sans accroc, à l’image de l’écran géant et discret. Seule, la sono, parfois, ne parvient pas à se faire entendre distinctement.
Les banderoles publicitaires des sponsors demeurent elles aussi discrètes, l’arche d’arrivée n’en comporte apparemment pas…on est loin des arrivées d’étapes du Tour de France. On se sent partie prenante d’une manifestation à visage humain.
Les briques de
Partout, des bipèdes de toute morphologie et de tout âge , vêtus de maillots et de déguisements tout acabit trottinent, se dodelinent, se saluent sportivement. On remarque bien parfois une certaine blancheur de teint sur quelques visages solitaires un peu stressés. « Serais je à la hauteur, à l’heure de ce rendez vous collectif ? » doivent ils se ressasser intérieurement.
Je salue quelques copains du CG et d’ailleurs. Revoie aussi d’anciennes connaissances. Encourage Francis qui court avec ses potes de Lescure, Pascal avec ceux de Mirandol. Apprends que Laurent, Hélène et Jean Louis constituent l’ossature de notre équipe concurrente. Et qu’une troisième équipe, exclusivement féminine court sous la bannière Conseil Général. Je rencontre aussi Richard en train de proposer ses services de relayeur à la cantonade. Plus tard, on discutera avec Philippe Andouard et Madame .
Je me renseigne sur les conditions de ce marathon -relais à la japonaise. La distance du marathon (42, 195 Kms) est scrupuleusement respectée. Fragmentée en six portions de 5 à 10 Kms autour d’un parcours urbain en boucle de 5 kms.
Démarrant et s’achevant, sauf pour le dernier relais, Place de
Anne, entraîneur et capitaine de route, a fait entériner l’ordre des prises de passage par ses mâles équipiers. Elle accomplira les cinq premiers kilomètres pour imprimer un rythme soutenu et emmagasiner, si possible, une marge d’avance « respectable »sur nos concurrents directs. Hervé assurera les
La prévision s’est elle réalisée ?
Oui assurément. Anne s’est battue comme une lionne alors que ses concurrents ne l’ont pas ménagée. Coudes pointus à l’appui. Elle a d’ailleurs promis de s’en souvenir un jour de retrouvailles au Stadium. « Hervé le sûr » a assuré. Et préservé une bonne partie de la marge d’avance sous le regard fier et attendri de Marie Christine .Bernard s’est affublé d’un impressionnant bandage au genou mais c’était pour mieux cacher son jeu. Son parcours s’est bien passé. Il n’a connu aucune émotion. En fin presque…
Inimaginable, incroyable …mais vrai, Bernard le téméraire a tout donné de son énergie pour transmettre le relais dans les meilleures conditions possibles à Denis. Et ça ne s’est pas passé comme prévu !
Denis, l’Ange Blanc, notre mentor es vélo, le professeur, l’auto préparateur sportif hors pair, l’unique échangeur de maillot du Tarn avec un digne représentant du Colorado n’était pas là . Là, en bord de barrières…comme tous les autres relayeurs trépignant sur place.
L’Ange Blanc n’était pas non plus allé se recueillir dans le jubée de
Lequel, malgré sa fatigue , éructa si fort pendant trente secondes que
L’Ange Blanc a ainsi mis en émoi Bernard et les Dieux du Stade . Se réuniront ils, toutes religions confondues pour lui signifier, par bulle ou fatwa, qu’il faut toujours attendre son prochain et le retrouver à la bonne heure ?
A son corps défendant, Denis subit le comptage de ces trente secondes de non course dans son temps total de relais. Sans conséquence néfaste pour l’équipe car l’Ange avait retrouvé ses ailes.
Xave , un temps angoissé pour retrouver le point de ralliement préalable du groupe, s’est bien débrouillé , guidé de temps à autre par Anne et son VTC .Il a su gérer avec méthode et chronomètre ses efforts kilomètre par kilomètre malgré quelques (kilo) grammes , dit il, superflus par rapport à son poids de forme de
Avant le dernier relais de Thierry, notre équipe « Anne et les garçons » semblait donc en capacité de réussir ses objectifs de temps et de « gagne » sur l’équipe amie et concurrente d’ « Hélène et les garçons ».
L’ultime verdict reposait sur Thierry, le copain d’enfance d’Hervé. Surnommé SFR ou Téléphonica en raison de ses capacités mobiles .Thierry, le sprinteur , gagneur des panneaux d’entrées de ville , sauf quand il trouve comme à Port Vendres un « facteur »farfadet d’un jour suffisamment irrespectueux des hiérarchies établies .
Retrouver Thierry pour l’Ekiden m’a procuré un réel plaisir tant il a apporté de gentillesse, d’écoute , de capacités d’échanges et d’estime des autres lors de la traversée des Pyrénées. On s’est fait la bise.
Je l’ai observé du coin de l’œil. Avant sa prise de relais. Déterminé comme Anne, anxieux comme aurait pu l’être el Fanfaronissimo, attentif et ponctuel comme Xave et (d’habitude ? ) l’Ange Blanc…
Avec peu d’entraînement préalable en course à pied, il s’est, lui aussi, remarquablement comporté. Je me souviens de ses derniers mètres de sprint. En le voyant, dents serrées, lèvres relevées et air guerrier, j’ai pensé un instant à un cheval pur sang sublimant toute douleur pour gagner.
On se souvient aussi de l’arrivée d’un autre copain-collègue. Richard. Manifestement, il était allé loin dans l’effort et le retour au rythme des marcheurs, dès le passage de la ligne d’arrivée, a semblé heurté.
Notre statut de supporteur nous a permis, à Marie Christine, Andrée et moi, de nous transporter au fil des relais de la place de
Quel pied de s’enthousiasmer ainsi pour une bonne cause sous les fenêtres du Préfet -chantre de la sécurité en pleine nuit ! On le fait pour le sport mais d’autres causes , les journaux locaux en témoignent, sont d’une cuisante actualité.
On s’est donc pris au jeu sportif . Et on a déclamé avec force des « Allez Anne !....Hervé ! Hervé !... Vas y Lolo ! … Allez Denis !... Bravo Xave !... Thierry !, Thierry ! » à faire enrager quelques stars homonymes.
Résultat des courses. Avant même les diffusions officielles, l’équipe « Anne et les garçons » rayonnait. Objectif atteint : temps correct, gagne acquise, ambiance interne au top. Ne restait plus , acteurs et supporteurs réunis , qu’à « aller casser la graine chez Anne et ( son) Michel ».
Ce qui fut fait. Et bien fait. Suavement et amicalement. Que des ondes positives dans les conversations et les assiettes ! Apéro réunionnais, amuse gueules, salades, quiches, boudin, saucisses, fromages, tiramisu, Marcillac, Gaillac de chez l’ami Jean Marc Ballaran et blanc du Portugal…De l’eau aussi , de
On a parlé marathon-relais, rugby, vins, famille, voyages, parpaillots, charcutier de Vabre, métier, police et gouvernement, livres et contes, éducation, Rue du Bain, bref de tout et de rien. Un projet de sortie VTT s’est ébauché entre les plus mordus . A suivre.
Durant la soirée, Andrée a prévenu el Fanfaronissimo des exploits de l’équipe. « Mission Ekiden accomplie ».Le secrétaire est ainsi au courant. On lui doit bien ça. Lui qui d’habitude nous informe si longuement par mail du détail de nos futures sorties cyclo.
Une montre a fini par indiquer 2H30. On a pris le temps une dernière fois de se quitter contents de l’Ekiden et de son prolongement, chemin de Lavazière. Heureux d’avoir partagé ces doux moments. …Et prêts pour quelques heures de somme réparateur .
Nos vélos se reposeront vraisemblablement pour la plupart ce dimanche matin .Au lieu d’arpenter dès 8H30 quelques faux plats de
Egoïstement , je tâcherai , après quand même six heures de sommeil , d’honorer un autre genre de rendez vous , un tantinet sportif et partageur mais principalement épicurien : la cueillette de ceps en forêt lacaunaise. Sans risquer de m’attirer la colère de quiconque, dieux compris !
Il faut toujours tenir compte de l’expérience des autres .Celle des hommes comme celle des anges .Et quand il s’agit des mêmes….