Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
C’est l’histoire d’un gars, Denis, surnommé l’Ange Blanc par ses copains du vélo. Il gravit habituellement les cols comme d’autres sourient à rouler un peu vite quelques instants sur le plat. Vous l’avez compris, l’Ange Blanc «roule » en toute occasion avec grâce… céleste.
Cette année, dès le 7 janvier, il a décidé de s’entraîner quasiment quotidiennement ( vélo, fond et demi fond) pour acquérir la forme « top » en vue de la rando atlantique –méditerranée des Pyrénées. Et il sait distiller à ses complices (Bernard, André, Xavier) le même souci d’une énergique préparation. Hervé, le quatrième mousquetaire, lui, ne change rien à ses pratiques habituelles : il n’en a pas besoin tant marcher, courir, pédaler et s’alimenter diététiquement font partie depuis toujours de son hygiène de vie permanente.
Ce matin, samedi 11 février, à 8H 30, on se retrouve à six -. Denis, Bernard, Dany, Didier, Walter et moi- pour la balade cyclo de fin de semaine. Devant le stadium albigeois et par une température de -3 degrés.
0n assume ce choix –intéressé mais météorologiquement farfelu- car, imagine- t’on , la retransmission télévisée, l’après midi, de France Irlande nous permettra de voir en direct deux mi temps de rugby belles et bleues.
« Ca caille vraiment » au démarrage. Dany a choisi un drôle de matin pour renouer avec le vélo après quatre semaines d’abstinence. Ce samedi de reprise ne lui sera peut être pas un jour facile .
Avec nos survêtements et leurs accessoires, on se sent tous un peu déguisés. Bernard et Walter exhibent de salutaires sous casques. D’autres ou les mêmes ont carrément chaussé deux paires de gants, l’une sur l’autre. J’arbore pour ma part un bonnet phrygien, ou presque, protecteur de mes esgourdes .Didier, le Duc de Chevreuse, porte paradoxalement un maillot sponsorisé par un certain Baron.
8H35. Tiens, André n’est pas là. On l’appelle lâchement. Notre Président petit- déjeune au chaud avec Madame quand nous quittons Albi pour Coufouleux. André le Pyrénéen semble en froid ce matin avec le froid de la plaine albigeoise. Le thermomètre de sa terrasse l’a dissuadé de toute rando matinale en affichant -4° .Raisonnablement, il sortira l’après midi avec le club CRA. Tout comme Xavier dont le magnétoscope enregistrera France Irlande et l’incroyable contraste entre les eux mi temps.
Albi, Le Séquestre, Florentin le bas, Lagrave , Brens. Montans,Loupiac, Coufouleux,Rabastens… On roule certainement à plus de 25 kilomètres/heure sur cet itinéraire habituel. Le froid nous stimule certainement mais ne résout pas tout. Nos bidons d’eau, ou leur clapet, ont même givré. Impossible, momentanément, de boire.
J’observe de temps à autre l’équipée et reçoit soudainement en chemin cette rassurante révélation : l’hiver, même les Anges (blancs) ont froid aux doigts.
Et oui, n’en déplaise aux dieux, Denis gesticule plus que de coutume. Entre Albi et Brens, l’Ange Blanc change régulièrement de posture sur son vélo. Pour dégourdir ses doigts gantés, les réchauffer, les revivifier.
Lui, l’habitué des deux mains sur les cocottes et des positions aérodynamiques recherchées, pédale de temps à autre droit comme un I ou comme son mètre 83 cms, une main sur le guidon et l’autre dans le dos. Il s’applique alors à en plier consciencieusement chaque doigt .Ciel !...
Son manège céleste ne s’éternise pas. Vers Loupiac, les kilomètres et le soleil aidant, on se sent vraiment d’ailleurs tous « réchauffés ».La halte à Rabastens est appréciée mais écourtée pour « ne pas nous refroidir ».Parole d’ange aux doigts régénérés.
On rejoint Gaillac en groupuscules espacés. Les niveaux de formes diffèrent quelque peu. A Marssac, avec l’accord de tous, Denis et Bernard rejoignent Albi à leur rythme. Et nous, au nôtre. Celui de la garde rapprochée de Dany le revenant. Je savoure le moment. Pour la première fois , j’ai l’occasion de participer à la « recherchée » d’un copain. Je lui devais bien ça !
Notre quatuor se sépare devant le stade de la Grèze. Chacun se sent finalement content de cette vivifiante et amicale balade cyclo où gens du ciel et de la terre ont su vaincre le froid. Histoire de doigté !