Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
Briseur de chaîne !
Longtemps, on s’est tous demandé si on allait pouvoir « rouler » ce samedi 11 mars.
La météo qu’ « el Fanfaronissimo » commence à consulter au boulot dès le lundi ou le mardi matin (selon qu’il consomme ou pas sa RTT bimensuelle) ne promettait rien de bon pour Midi Pyrénées et pour le Tarn.
La veille, l’écoute des prévisions différenciées de France 3 Tarn, France 3 Région ou France 2 a amplifié notre doute. Pleuvra, pleuvra pas ? A quelle heure ? Fortement ou pas ? Tout le temps ou par moments ?
La pluie a sévi en tout cas, fortement et longtemps vendredi après midi. Au point de priver Hervé et Bernard de leur habituelle rando en duo .C’est dire !
On se retrouve quand même ce samedi à 8H15 devant le stadium, à neuf copains. Denis, André, Hervé, Alain, Bernard, Francis, Didier, Walter et moi. Les protège-pluie ou K way occitans sont de sortie, pliés au plus serré possible dans une poche ou un faux bidon. On s’interroge encore sur la météo mais « allez, on y va ».Denis emmène le groupe.
Direction la vallée du Tarn par Bellegarde, Ambialet et Curvalle , remontée vers les monts d’Alban par Miolles, retour par Alban, Teillet ( pour les stars), le carrefour des Quatre chemins ( pour les autres) ,Fréjairolles et Albi. Une centaine de kilomètres avec quelques difficultés ascendantes et un retour vers la maison plutôt « confortable ».
On démarre de bon cœur et de bon rythme. Sérieux et collectifs. A Bellegarde, je pense à Manu, le métallier installateur de fenêtre au bureau qui retape une ferme près du village.
La route reste très souvent mouillée. On descend raisonnablement vers Fabas et Ambialet. En vallée, tout en roulant « costaud » on aperçoit le dos rond de la rivière .Quelques flaques et quelques branchages sur la chaussée. Et des ruisseaux actifs dans les fossés. Le Tarn n’est pas au mieux de sa forme : mine marron et corpulence boursouflée.
A Curvalle, Francis et Didier préfèrent rejoindre Alban directement et nous laissent nous coltiner avec nos chemins de traverse en direction de Plaisance et Miolles.
Ils ne savent pas, et nous non plus, qu’ils louperont un épisode inédit de nos aventures cyclo. Dans le Lot, et pour cause de mise en scène, on l’aurait appelé Chaînon manquant. A la télé, le maillon faible. Ici ce sera différent.
C’est Alain, l’artisan du Séoux, qui l’écrira. Lui, à l’accoutumée, si gentil, si discret,si doux – du moins le croyions nous jusqu’à aujourd’hui. Chouette copain .Bon compagnon de virées à deux roues injustement privé de Pays Basque, en 2005, par une araignée du Ségala.
Je ne lui connais qu’un seul défaut, minime. Il ne supporte pas de voir un vélo mal en point et nous ( me) fait la leçon à chaque fois qu’un vélo couine, qu’un cadre respire la saleté, qu’un pignon saute, qu’une chaîne souffre …
On a toujours accepté ses réflexions censées car il prend naturellement soin de son vélo. Et de ceux du beau frère puisqu’il a prolongé la vie de « l’ex » du Diable Rouge de quelques mois. Le souvenir de ses propres ennuis de dérailleur, le 15 mars 2003, le long des talus de la Condomine , l’a d’ailleurs vraisemblablement incité à soigner encore plus sa monture.
Que nenni, les amis !.Que nenni ! L’artisan du Séoux vient de briser sa chaîne. En faisant le beau, m’a-t-on dit, avec Bernard, dans la côte vers Miolles. Quelques kilomètres avant le village si réputé pour ses fruits et ses menhirs.
Comme souvent, puisqu’il s’agit de côte, je n’ai rien vu de la scène. Trop loin par rapport au groupe et appliqué à monter à mon train tout en dégustant le paysage enneigé.
Je me souviens d’avoir finalement rattrapé en vélo tous les copains, pied à terre, en cercle autour d’ Alain . Le représentant de la première entreprise de France semble contrarié et consterné.
En dépassant ces piétons – l’Ange Blanc m’a sagement recommandé de ne pas m’arrêter en si bon chemin – je vois toutes leurs mains inertes, impuissantes à renouer les maillons de la chaîne. Le maillon…faible.
Walter me rejoint et m’informe que l’incident n’est pas réparable. Seul recours de proximité avant d’appeler les Albigeoises, les cousins d’Hervé habitant… Miolles
La prévision s’avère bonne. Hervé sait où trouver Mr et Mme VIEULES, ses cousins, réputés producteurs de fruits et légumes eux même réputés de ce village lui aussi réputé à plusieurs titres .Fruits, menhirs et micro climat.
Il fait un peu frisquet – et l’un d’entre nous sait le faire remarquer- mais la gentillesse des cousins d’Hervé fait chaud au cœur. Françoise, la cousine, se propose aussitôt pour récupérer notre copain avec son fourgon…Mercedes. En principe, Arlette viendra le rechercher …au chaud, chez eux. Producteur agricole et artisan briseur de chaîne – tous deux bricoleurs de génie- font front commun.
On repart soulagés…sans Alain. Retour sans histoire, hormis quelques minutes de petits grêlons incisifs. Avant de nous rejoindre à Fréjairolles, Denis, Hervé, Bernard et André s’offrent une escapade supplémentaire vers Teillet alors que nous rentrons plus sagement, l’ex Diable Rouge et moi par les Quatre Chemins. Encore que…
Pour une fois, je termine la sortie plus en forme que Walter. Et m’offre même un court sprint lorsque Bernard, Hervé et André nous rattrapent. Je finis donc largement devant Walter.
Bernard, avant nos séparations et après le giratoire de l’Ecole des Mines, me lance, amusé « ... Michel,… le Fanfaronissimo...tu lui a mis « un rond point sur les i ».
Et sans briser ma chaîne, mon cher Alain !