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Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...

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MA TRAVERSEE (suite) XAVIER

Au rond-point, à l’entrée de Tarascon, j’incite mes copains à prendre la direction du centre-ville au détriment de la RN20. A notre grand désarroi, l’autre parti du groupe n’est pas là ! Dans le bourg, des barrières de sécurité sont érigées, nous rappelant que demain a lieu la cyclosportive « l’Ariégeoise ». Nous traversons le village, mais un doute subsiste : « s’ils ont pris la route nationale et nous attendent à l’autre rond-point… ». Nous stoppons : « sont-ils devant ou derrière ? ». Je téléphone aussitôt à Walter, sans réponse. J’appelle Kamel : il est au supermarché à la sortie de Tarascon. Nous continuons donc jusqu’à Bompas où il nous rejoint. Nous prenons la route qui mène à Ax-les-Thermes par la corniche. A Arnave je rappelle Walter. C’est Pascal qui répond. Ils sont au col du Chioula, mais point de Walter et des échappés ! Kamel essaye, quant à lui, de contacter le Labra : il est derrière, mais seul. La tension monte dans notre petit groupe : « pourquoi ne nous ont-ils pas attendus ? ». « Qu’aurais-tu fais, toi, à leur place ? ». « Je me serais arrêté à l’entrée de Tarascon… ou, au pire, à Bompas, à l’embranchement de la corniche… ». Plus on roule, plus on doute ; et s’ils étaient derrière ! Après Cazenave, le Labra, parti en éclaireur, nous attend et nous signale leur présence à environ 3 km devant. Nous sommes assez énervés… Ils nous attendent du côté de Caychax, devant la fontaine. Nous ne nous arrêtons pas. Je crois qu’ils ont compris notre agacement. Une petite explication de texte s’ensuit, surtout entre Hervé et Denis qui ne comprend pas. Ils ne se rendent pas compte de l’inquiétude que nous avons eue. C’est la première fois depuis le début de notre aventure que le ton monte ; rien de grave cependant. Tout rentre vite dans l’ordre et la route se poursuit au-dessus de Luzenac. Nous passons sous le téléphérique qui achemine le talc extrait de la carrière de Trimouns vers Luzenac dans la vallée.

 

 

 

 

Nous passons à Caussou, au pied du col de Marmare, situé 12 km plus loin. La montée est régulière, peu difficile. Je reste avec André et Hervé. Le reste du groupe s’éloigne petit à petit. Kamel nous suit un moment avant de s’avancer. Nous rejoignons un couple de cyclos. L’homme nous accompagne un instant, curieux et intéressé par notre périple. Il semble bien connaître les routes empruntées. Mes douleurs aux pieds (les fourmis de la veille) se sont déjà réveillées depuis quelques temps, et elles se font de plus en plus intenses, surtout avec cette route au revêtement granuleux. Nous rattrapons Walter. Son début d’étape a-t-il été trop rapide ? Toujours est-il qu’il semble peiner dans cette ascension. Hervé et moi décidons de laisser notre Président avec notre Secrétaire et effectuons les 4 derniers kilomètres ensemble. En haut du col, Kamel, le Labra et les 5 autres équipiers nous attendent. Je profite de l’attente de nos élus pour me déchausser et masser les pieds et surtout les gros orteils qui me font beaucoup souffrir ; tellement que Walter, souffrant lui aussi des pieds, m’incite à abandonner et monter dans le minibus avec lui. Cette douleur n’aura pas raison de ma détermination : il est hors de question de m’arrêter après les 3 journées que nous venons d’accomplir. Je reste pieds nus pour la photo et repart le dernier pour rejoindre le col du Chioula 2 km plus loin. Ce tronçon est facile et rapidement avalé.

 

 

 

 

Nous déjeunons sur l’aire d’arrêt du col du Chioula, bien aménagée à l’ombre de nombreux hêtres. Au menu, taboulé et salade de riz, rôti froid, chips, fromage et vin rouge. On reconnaît la patte de Kamel. Pendant ce temps, Michel et Pascal sont dans l’ascension du Port de Pailhères, où Michel est à la peine. Aurait-il bien géré sa journée ? Mes orteils laissés au repos pendant ces ¾ d’heure sont prêts à repédaler. Le temps de voir le Labra emprunter le vélo de Wally et parcourir quelques hectomètres sous les encouragements des copains : ce vélo est-il déjà allé aussi vite dans un col ? Avec presque un quintal dessus qui plus est !

 

 

 

 

Nous redescendons le col du Chioula, direction Ax-les-Thermes, jusqu’à Ascou : magnifique route, bien large et bien ensoleillée. Là, nous remontons le cours de la Lauze, la chaleur devient de plus en plus étouffante. Les groupes se forment : Denis, Dany, Thierry et Didier prennent un peu d’avance, puis Hervé, Bernard, André et Walter m’accompagnent. A l’approche de la station de ski de Ascou-Pailhères, le pourcentage augmente et le groupe s’étiole. Ah ! Cette longue ligne droite, très large, sans ombre ! On aperçoit au loin, dans un lacet, le Labra nous attendant pour une photo. Cette distance nous parait interminable. En haut, Denis est échappé, suivi de Dany, puis Thierry. Hervé rattrape Didier. J’accompagne André, Bernard suit de près, Walter est un peu plus bas. A 3 km du sommet, les douleurs aux orteils deviennent de plus en plus intenses : à souffrir pour souffrir, je décide de finir la montée au maximum de mes possibilités, sur le « 42 ». Après avoir doublé Didier, la longue ligne droite me permet d’avoir Thierry en point de mire. Au niveau des chalets du haut de la station, je le rejoins puis le laisse. Il reste Hervé, Denis et Dany ayant déjà franchis le Port de Pailhères. Nous pensons être au sommet, mais la route continue sur la gauche derrière un piton rocheux. Il reste 300 mètres à effectuer, pas assez pour rattraper le chauffeur du bibliobus départemental. Nous sommes accueillis par un couple de touristes héraultais – le monsieur étant un passionné de vélo vient discuter avec nous – et un troupeau de chevaux, pacifiques en apparence. J’ôte aussitôt mes chaussures pour masser mes orteils. Thierry évoque alors une crise de goutte, ou un problème de sciatique… Peu importe. Il est temps de récupérer des efforts fournis, sous une chaleur accablante. Il faut boire, manger… Walter arrive, ¼ d’heure plus tard, suivi du minibus avec Didier à l’intérieur. Le manque d’entraînement et la chaleur ont découragé notre Duc de Chevreuse. Il s’allonge sur le talus, le vélo à ses pieds. Il ne se rend pas compte qu’un poulain, peu farouche, s’approche attiré par sa monture version Philippe Andouard. Walter saisi alors sa chaussure munie de cale et lui assène un violent coup sur les fesses, alors que l’animal tâtait le dérailleur. Certains chuchotent aux oreilles, d’autres utilisent une autre méthode pour se faire comprendre des chevaux…Mais il semble que la bête ait trouvé son maître. Nous remarquons aussi un gobelet à l’effigie du Conseil Général du Tarn : Michel, Pascal et René se sont restaurés ici. Nous ramassons leurs restes et repartons après l’arrivée d’un groupe de cyclos venant de l’autre vallée.

 

 

 

 

Il reste une cinquantaine de kilomètres. Parti le dernier (il a fallu rechausser), je rattrape étonnamment Bernard qui descend prudemment. Un problème de patins de frein l’incite à rouler au ralenti, lui qui, d’ordinaire, se régale dans les descentes. A la station de ski de Mijanès, un troupeau de vaches en travers de la route nous oblige à stopper. Le groupe se reforme au village de Mijanès, et repart à Quérigut. C’est la virée des albigeois au cœur du pays Cathare. La moindre bosse fait mal à certains, tandis que d’autres se régalent à « se tirer la bourre ». Le col des Hares accentue ce phénomène et les 6 traversards montrent leur état de fraîcheur.

 

 

 

 

Ensuite, nous descendons une magnifique route dans les bois jusqu’à Puyvalador. Nous retrouvons une route assez fréquentée et valonnée. Il est difficile de garder un train régulier et soutenu. Vient alors le lac de Matemale qui précède le col de la Quillane. Bernard lance les hostilités, accompagné de Thierry. Denis contre. André et Hervé partis à la poursuite, je me retrouve seul « transpyrénéen » attardé avec Dany, Didier et Walter. Je pars en chasse à mon tour. Cette montée relativement facile est effectuée sur la « grosse plaque » à près de 30 km/h. Les points de mire se succèdent, tour à tour André, Bernard et Thierry. Au sommet les 6 copains prennent le temps de choisir la pose photographique ; 8 minutes après, Walter arrive accablé par des crampes. Il s’inquiète de la fin du parcours. Nous exagérons, évidemment, mais nous atteignons finalement Font-Romeu, puis La Cabanasse où tous nos collègues nous attendent vers 18h.

 

 

 

 

Chacun prend possession de sa chambre ; ce soir, je dormirai avec Walter au rez-de-chaussée. Didier et Dany préfèreront dormir dans le garage. A l’étage, 3 chambres et un grand séjour avec balcon composent cette maison. Kamel est aux fourneaux. Les préparatifs de la soirée avancent avec, en conclusion, le match de Coupe du Monde France – Togo qualificatif pour la phase finale. Comme chaque soir, douche, massages, coup de fil à la famille se succèdent. Michel et Pascal racontent leur épopée ; celui-ci est fier de son ascension du Pailhères, alors que Michel déçu de son abandon, se promet de revenir le gravir. La récompense du jour : une bière bien fraîche avant le repas à base de grillades. Le Labra se rend compte de son oubli de médicaments au camping d’Aulus-les-Bains, quant à moi, j’ai oublié une veste cycliste. Kamel se propose d’aller les chercher demain, avant de nous retrouver le soir à Port-Vendres. Quelle journée l’attend ! Ce soir, nous regardons la télévision pour la première fois de la semaine : France 2 – Togo 0 n’en déplaise à Marzouck Domingo, le Directeur de Denis et Walter. On est qualifié pour le second tour. Pour nous, le plus dur est fait ; demain, il faut rejoindre la mer, 30 km de descente et 130 km de plat… Restons concentrés sur l’objectif et allons récupérer…

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 24 juin 2006 : c’est avec une grande excitation mais aussi avec sérénité que nous abordons l’étape de ce jour. Après un réveil vers 6h30, Kamel prépare déjà le petit déjeuner. Comme décidé hier soir, lui reviendra à Aulus-les-Bains récupérer les médicaments du Labra et ma veste cycliste… Chacun se prépare ; le soleil est de la partie, les sourires aussi. Photos de groupe devant la maison après avoir apprivoisé le déclencheur automatique. Nous laissons le soin à René, Kamel et le Labra de ranger et fermer la maison.

 

 

 

 

Nous empruntons la même route qu’hier soir, c'est-à-dire une montée vers Font-Romeu sur environ 2 km. La suite : 2 km de plat et 30 km de descente jusqu’à Villefranche-de-Conflents. Comme d’habitude, je me suis laissé distancer au départ ; je reprends les attardés un par un : André, toujours aussi prudent, Pascal et Walter, puis Michel et Dany. Je reviens dans le groupe de tête au prix de quelques efforts sur cette belle route très fréquentée. Bernard est là ; hier soir, il a changé ses patins de freins Ca roule vite, en file indienne, Thierry est devant la plupart du temps. Il est très adroit sur son vélo, d’ailleurs à Olette, il se retrouve collé derrière une Citroën Picasso, en aspiration, les mains sur les cocottes de freins : impressionnant et quelle confiance en lui !

 

 

 

 

Arrêt à Villefranche-de-Conflents. 1h de parcours pour 37 km. Les attardés arrivent, le minibus un peu plus tard. Michel et Pascal décident de rejoindre Prades directement après une visite du centre de la ville fortifiée. Ils n’auront pas le temps de visiter le Fort Libéria, érigé par Vauban, au-dessus de la cité. Les 9 autres cyclistes feront un crochet par Vernet-les-Bains, ainsi en a décidé Bernard lors du tracé de l’épopée. Il connaît bien le coin pour y être venu plusieurs fois en vacances familiales. Nous rejoindrons donc la mer non sans franchir d’autres cols. Nous faisons une halte à Vernet-les-Bains pour une photo devant le Canigou, la « montagne du Catalan ». Après un tour de ville, nous empruntons une jolie route en corniche pour atteindre finalement le col de Milhères. Après une longue descente dans les bois dans un premier temps, puis au milieu des vignes, nous posons une nouvelle fois devant l’abbaye de St-Michel-de-Cuxa occupée par des bénédictins. Nous retrouvons nos 2 copains à Prades comme prévu.

 

 

 

 

Le groupe au complet s’organise en une seule file, car la route présente un fort trafic. Nous décidons, 10 km plus loin de faire un crochet par Vinça. Nous nous arrêtons sur une place, à l’ombre de gros platanes. Depuis le départ nous n’avons aucune nouvelle de René. La veille, il nous a confié qu’il connaît un peu la région pour avoir travaillé à Perpignan et y avoir de la famille. Mais il semble qu’il se soit perdu. Heureusement que le téléphone portable existe ! En attendant nous nous restaurons : charcuterie, salade de pâtes, le tout arrosé de vin de Gaillac. Le groupe est soudé et jovial.

 

 

 

 

Nous repartons pour retrouver la RN116, toujours aussi fréquentée. Un cycliste se met dans les roues à Vinça, jusqu’au col de Ternère, haut de 233 m. En fait, nous sommes surpris de franchir un col à cet endroit, vu que la route était quasiment plate, et que nous rencontrons le panneau après le passage sous la voie ferrée et une grande courbe à gauche : prétexte pour un arrêt photo. René profite de cette halte pour nous retrouver.

 

 

 

 

Nous quittons cette route pour nous diriger vers Bouleternère. A ce moment là, Pascal a un problème mécanique : Sa pédale est cassée. Denis le dépanne avec une pédale de remplacement ; notre « ange blanc », comme aime l’appeler Michel, est prévoyant ! La trousse de réparation est complète, tout ennui mécanique est prévu ! Nous rencontrons les premiers lauriers roses, blanc ou fuschias, dans les ronds-points ou dans les entrées de village. Ainsi à Bouleternère ou à Corbère-les-Cabanes nous longeons de magnifiques haies colorées. A Thuir, ces bordures sont complétées par de la vigne : original et charmant. D’ailleurs c’est là que nous devions retrouver René et le Labra partis nous ravitailler en eau et préparer une collation. Mais point de fourgon sur notre passage. Nous roulons tellement bien, réguliers, et organisés que, peut-être, ne les avons-nous pas vus. Nous parcourons la plaine roussillonnaise avec quelques attaques ça et là, au moindre semblant de bosse, avec toujours les mêmes à l’offensive, les 6 « traversards ». Nous suivons la direction de Elne jusqu’à Bages, puis tournons vers Ortaffa. Nous sommes sans nouvelle de nos accompagnateurs, il fait chaud et les bidons se vident. Ils nous rattrapent avant ce village et nous ravitaillent. L’eau est une denrée rare dans les environs ! Depuis quelques mois, nous avions préparé une surprise à Walter : lui mettre du whisky dans son bidon à son insu. Le problème est qu’il a fait le plein d’eau de ses 2 bidons auparavant. Avec André, nous lui conseillons de boire régulièrement, surtout qu’il a l’air de souffrir de la chaleur, et de s’arroser la nuque ; il nous écoute presque religieusement. On attendra le bord de mer pour lui faire le coup.

 

 

 

 

Nous voici maintenant à Ortaffa. En l’absence de panneau nous indiquant la direction de Argelès-sur-mer nous tergiversons ; demi-tour pour demander à une autochtone. Elle nous indique la direction de Palau-del-Vidre (prononcer « Palaou »), en empruntant un gué pour traverser le Tech. La route est cabossée et champêtre. A Palau, nous reprenons le fil de notre étape. Nous avançons vers la mer au gré de quelques sprints ou « attaques ». Aux abords d’Argelès-sur-mer, un panneau signalant la direction de Port-Vendres nous incite à virer à droite. Nous nous retrouvons sur une bretelle de voie rapide. Aussitôt nous mettons pieds à terre, et, vélo sur l’épaule, nous enjambons le fossé pour nous retrouver sur un chemin parallèle qui nous ramène sur nos pas. A peine 5 minutes plus tard nous entrons dans Argelès-sur-mer. Nous traversons le village puis empruntons la route du front de mer vers Collioure.

 

 

 

 

Enfin la Méditerranée ! Ca y est, nous avons rallié l’océan à la mer ! Même s’il reste encore quelques kilomètres jusqu’à Cerbère, la satisfaction est là. Nous faisons une halte à Collioure devant le salon de coiffure « chez Xavier » et en profitons pour mettre à exécution notre farce à Walter. Le Labra lui rempli son bidon avec du whisky apprêté par André. Au lieu de le boire, il s’asperge le crâne, sous les rires de ses acolytes. Il devine vite la supercherie et s’écrie avec le sourire : « du sky ! ». Il tente de nous arroser avec le peu qu’il lui reste. Nous prenons la photo devant les remparts de Collioure et repartons vers Port-Vendres. Je me retrouve à l’avant du groupe en compagnie de Michel légèrement détachés. Lorsque nous apercevons le panneau de l’agglomération, Michel me confie qu’il aimerait le franchir en premier. Qu’à cela ne tienne ! Je le laisse partir « en facteur » comme dirait les puristes ; Thierry surgit alors de l’arrière et me lance en passant : « le panneau ! Tu fais pas le panneau ? ». Et ainsi, Michel est le fier vainqueur du panneau de notre lieu d’hébergement, au grand désarroi de notre flic. A Port-Vendres, Pascal décide de stopper son périple et monte dans le fourgon avec René.

 

 

 

 

Nous remontons sur la corniche après être passé une première fois devant le port. Il fait encore chaud. Dans cet endroit, les côtes succèdent aux descentes, et certains ont mal aux jambes, n’est-ce pas Wally ? Nous redescendons à Banyuls avant de remonter. Là, je me retrouve à l’avant avec Thierry, Denis et Hervé. Celui-ci place une attaque, contrée par Denis. Thierry s’accroche. Je garde sagement mon rythme pour l’élever progressivement. Thierry craque. Je le rattrape et le distance à mon tour. La côte parait courte, mais après chaque virage à droite, on découvre encore de longues portions montantes. Les 2 échappés restent en point de mire, mais je maintiens la distance qui nous sépare sans pouvoir revenir sur eux, Hervé en tête et Denis dans sa roue. Cette route en front de mer est vraiment magnifique, mais terriblement escarpée. Après 5 jours de vélo et près de 800 km, il semble que nous ayons encore pas mal de ressources. En haut, Hervé et Denis sont satisfaits. Je les suis de près, puis Thierry, André et Bernard (tiens ! les 6 transpyrénéens en tête !). Viennent ensuite Dany et Didier et enfin Walter et Michel.

 

 

 

 

Il ne reste qu’une bonne descente avant d’arriver à Cerbère. Nous y arrivons enfin ! Ca y est : MISSION ACCOMPLIE ! Après 793 km  de routes, beaucoup de cols (une trentaine ?), 1 chute, 3 crevaisons, de la pluie, du brouillard, de la chaleur, des gastrites… On prend plaisir à poser pour la photo souvenir devant le panneau d’entrée du village. Le rêve est devenu réalité ! Nous l’avons fait !

 

 

 

 

Il est temps de revenir à Port-Vendres. Pour 2 d’entre nous, ce sera dans les véhicules d’assistance : Michel dans le fourgon avec René et Pascal, Walter avec son compère du service informatique. Dany et Didier préfèrent nous accompagner jusqu’au bout. Cette fois, le retour est tranquille. Nous parcourons de nouveau les 20 km en sens inverse avec la succession de montées et de descentes.

 

 

 

 

Nous arrivons au gîte de Swann, situé à 300 m du port. Nous entreposons les vélos dans une grande salle, puis nous prenons possession de notre dortoir : 2 box de 2x2lits superposés et un autre avec 4 paires de lits superposés où je dormirai à côté André. Il est près de 17h. La faim nous gagne. André me fait signe. Il a récupéré un grand saladier garni de haricots verts, œufs durs… préparé par Kamel. Bernard, Denis et Hervé passant par là, tout le monde se jette dessus avec les moyens du bord, certains mangeant avec les doigts, tels des biafrais sur un bol de riz !

 

 

 

 

Une bonne douche, rasage… nous n’irons pas nous baigner mais boire une bière bien méritée en terrasse sur le port. Chose faite après un tour du port, mais le soleil dans les yeux nous incite à revenir de l’autre côté. Là, pour sceller la fin de l’aventure, je me permets de commander un « Ricard » au grand étonnement de certains : maintenant, je suis en vacances ! Il ne manque que Kamel. Par téléphone, il nous aura tenus au courant des péripéties de sa journée : panne vers midi, garage fermé entre midi et 14h, et enfin la cyclosportive « l’Ariégeoise » à Tarascon. Il arrive après 20h avec les médicaments et la veste. Merci Kamel ! Nous sommes déjà attablés sur la terrasse du gîte, sous les tilleuls ou autre palmiers, en compagnie de 3 randonneurs, Dany, adepte de la montagne, tant sur 2 roues que sur ses 2 jambes, faisant le lien entre les 2 groupes. Au menu : Banyuls à l’apéritif puis sardinade. La soirée est conviviale et se prolonge un peu dans la bonne humeur. Par manque de munitions, le quota de vin étant atteint (malgré des négociations), tout le monde va se coucher vers minuit. Demain, nous traverserons les Pyrénées dans l’autre sens, celui voulu par Walter : nord-sud ! Nous finirons l’épopée par un bain dans l’eau de mer à Rosas. La nuit est belle, nous dormirons fenêtres ouvertes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 25 juin 2006 : aujourd’hui est notre dernier jour de vie en communauté. Ce soir nous retrouverons nos familles. Grasse matinée jusqu’à 8h. Petit déjeuner en terrasse : c’est si bon de se faire servir ! Je règle la pension, tout est chargé dans les véhicules. Les vélos ont dormi la porte non verrouillée. Pas un ne manque à l’inventaire, tout va bien ! Il fait beau et relativement chaud à 9h, heure du départ. Pas un brin de vent pour l’instant. Photo de groupe devant le port et c’est reparti !

 

 

 

 

Jusqu’à Cerbère, nous restons groupés en relatant les péripéties de la veille. Le peloton est chahuteur mais raisonnable. Cet itinéraire est vraiment magnifique mais très vallonné. Même après Cerbère, la route est escarpée ; tout n’est que succession de montées et de descentes. Justement, après Cerbère, André « allume » Walter. Celui-ci pense le semer dans la côte, mais notre Président, ayant retrouvé une forme correcte après ses déboires gastriques, se régale à prendre les devants et à effectuer l’ascension la tête tournée, pour motiver notre Secrétaire, voire même le chambrer. A l’arrière, nous observons la scène, hilares. Avant le sommet, où se situe le poste frontière, nous faisons l’effort pour les rattraper et franchissons le sommet avant Walter. Nous voici désormais en Espagne.

 

 

 

 

De nouveau la route descend avec une chaussée bien revêtue, jusqu’à Port-Bou. Rebelote en Espagne : après la descente et le village, remontée vers le « Coll del Frare » (alt. 522 m), où nous faisons notre 1° halte-ravitaillement-pipi-photo, devant un tunnel. Pour y être passé il y a quelques années, celui-ci nous évite quelques hectomètres, voire kilomètres d’ascension (merci la voirie espagnole !). Après avoir traversé ce tunnel, descente vers le petit village de Colera, toujours sur une route bien roulante. A la sortie, Michel et Pascal effectuent la remontée en tête et atteignent le sommet dans cet ordre. Le temps est à la fête, l’ambiance bon enfant, aujourd’hui c’est la récréation. Nous redescendons vers Llansa et son port où nous hésitons un instant. Nous faisons ½ tour sur la route de Figueras pour revenir en bord de mer vers Puerto de la Selva. La circulation devient plus dense. Nous roulons désormais en file indienne sur une route relativement plate, ombragée, bordée par de belles maisons, accompagnés des chants des cigales.

 

 

 

 

A Puerto de la Selva nous virons sur la droite pour nous éloigner de la mer et prendre la direction de Cadaquès. L’air est plus aride. Les « 6 » ont des fourmis dans les jambes. Thierry et Bernard en tête. Le rythme s’accélère ; l’écrémage se fait naturellement : Michel, Pascal et Walter craquent les premiers suivis de Didier puis Dany. La pente est régulière, les cuisses brûlent… Nous arrivons en haut, au rond-point menant à Cadaquès. Les écarts sont assez importants malgré la relative longueur de la côte (environ 4 km). Il ne reste plus qu’une dizaine de kilomètres avant Rosas. Nous étions sur une route calme au niveau du trafic, à présent la circulation est plus dense : la patrie de Dali est très touristique.

 

 

 

 

Après un ravitaillement bien mérité, nous repartons vers Rosas. Denis, Thierry, Didier et Bernard partis « en facteur », je prends le 1° relais pour la chasse aux échappés. Rapidement, Dany me succède efficacement et bientôt Hervé, sur une portion montante et roulante, en rajoute une couche. André est évidemment dans le groupe. Seuls, Walter, Pascal et Michel n’ont pas suivi. Hervé ne lâche rien, et nous rattrapons les 4 fuyards au franchissement du sommet. Là, certains enchaînent sur la descente. Je préfère « lever le pied » afin de permettre aux 3 retardataires de finir l’étape avec nous. Cependant, nous ne nous arrêtons pas et Denis, Thierry et Didier ont déjà creusé un écart conséquent. au bas de la descente, un panneau indique « Rosas » vers la gauche. Je suis en compagnie de Bernard juste derrière Hervé et Dany, André est un peu plus loin derrière. Nous tergiversons et décidons de nous arrêter pour attendre nos 3 copains. ½ tour pour revenir au carrefour précédent, Dany et Bernard, eux, continuent tout droit. Surprise : nous nous retrouvons face au vent, jusqu’à présent favorable, et insoupçonné. Nous attendons donc, à l’intersection, une dizaine de minutes : hésitations « et s’ils avaient tourné pendant nos tergiversations ». Nous décidons de repartir, André, Hervé et moi vers notre itinéraire initial. Au rond-point suivant, nous virons à droite ; nous sommes désormais sur la voie rapide Rosas-Figueras que nous abandonnons aussitôt pour contourner quelques hypermarchés, ou autres poteries et pépiniéristes nombreux dans les alentours. De nouveau à ce fameux rond-point, nous nous dirigeons cette fois-ci tout droit, direction la plage de Santa-Marguerita, lieu de résidence de notre ancien collègue de la voirie, puis de la Direction de la solidarité du Conseil Général, Yvon et de son épouse Elisabeth. Ceux-ci ont gentiment proposé de nous accueillir pour nous restaurer chez eux. En fait, il profite de sa retraite entre Gaillac et Rosas, et ses 2 appartements. Ami de Kamel, il n’a pas hésité à nous proposer le couvert lorsque ce dernier lui a parlé de notre périple et de son ultime étape.

 

 

 

 

Nous voici donc dans Rosas et déçus de nous retrouver éparpillés. Nous avions rêvé d’une arrivée groupée, genre Tour de France sur les Champs-Élysées. De plus, aucun de nous ne connaît cet endroit, et quelques travaux de voirie nous dévient. Après quelques détours, et instinctivement, nous avançons, lorsque nous sommes interpellés par Kamel. Il est 11h30, tout le monde est là. Nous sommes les derniers. Peu importe. Pour la 2° fois de la semaine, Denis et Hervé s’expliquent, le plus petit reprochant au plus grand de ne pas avoir attendu au sommet de la dernière ascension. Rien de grave cependant, la frustration et la déception d’être arrivés par petits groupes expliquant cela.

 

 

 

 

Elisabeth et Yvon nous accueillent à bras ouverts. Ils s’occupent des préparatifs bien secondés par Kamel et René : apéritif avec amuse-gueules, puis paëlla. Ils nous proposent de profiter de la plage pendant ¾ d’heure ; après avoir enfilé maillot de bain et claquettes, nous parcourons les 300 m qui nous séparent de la mer serviette sur l’épaule. Nous sommes beaux avec nos « bronzages cyclistes » : marques aux bras, aux cuisses et aussi aux chevilles, aux doigts et au front. Notre colonie ne passe pas inaperçue sur cette plage bien garnie. L’eau est bonne même si certains (n’est ce pas Denis ?) hésitent plus que d’autres. On se dessale aux douches de la plage. Nous revenons chez nos hôtes à l’heure prévue. Nous commençons à ordonner nos affaires dans les véhicules en fonction des passagers. Je rentrerai avec le Labra, Thierry et Bernard dans la fourgonnette. Tout est prêt dans le garage emménagé en appartement : une longue et belle tablée s’offre devant nous avec 16 couverts. Kamel a préparé des toasts genre tapas, mais chacun pense déjà au retour. Nous partirons les premiers ; j’aimerais être rentré avant le coucher de mes 2 garçons. Une semaine sans les voir…

 

 

 

 

Apéro non alcoolisé pour les chauffeurs, anisé pour certains et sangria pour d’autres. L’ambiance est conviviale. La paëlla est prête. Tout est parfait, mis à part quelques ennuis gastriques qui me reprennent. 15h, il est temps de partir : salut chaleureux à tous, l’aventure est déjà terminée ! Tout est allé tellement vite !

 

 

 

 

Je prends le volant, les 2 Thierry nous abandonnent avant la frontière au profit de Morphée. Léger ralentissement à la douane, puis retour sans encombre jusqu’à Toulouse, où le trafic se densifie. D’ailleurs, sur le périphérique la vitesse est limitée à 90 km/h, pour cause de pollution. Restriction acceptée par tous semble-t-il. Nous effectuons un détour par Pechbonnieu pour déposer Thierry, que nous laissons auprès de son épouse et de son fils aîné, cycliste de très bon niveau. Et enfin, Albi ! La boucle est bouclée. Nous sommes partis excités, inquiets, nous revenons fatigués, fiers et heureux. Il ne reste plus qu’à relater cette épopée pour faire partager tous ces bons moments.

 

 

 

 

C’est désormais chose faite… Et maintenant ?

 

 

 

 

En épilogue, je tiens à remercier tous mes coéquipiers : Bernard d’avoir été l’instigateur de cette présumée folle aventure, Denis et Hervé pour tous leurs conseils avisés, Thierry pour sa bonne humeur et sa générosité dans l’effort, André pour sa quiétude et le dépassement de lui-même dans les pires moments et bien sûr Thierry dit « le Labrador »,celui sans qui rien n’aurait pu se faire. Walter, Michel, Pascal, Dany et Didier qui nous ont donné un coup de fouet à partir d’Aulus-les-Bains ainsi que René et Kamel pour leur dévouement et leur disponibilité. Mais je voulais aussi remercier particulièrement mon épouse qui m’a permis de me préparer convenablement pendant 6 mois à raison de 1 à 3 sorties hebdomadaires, supportant nos 2 garnements Victor et Clément. Sans sa sollicitude le groupe de « 6 » aurait compté1
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