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Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...

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Mise en forme ( avril 2004)

Mise en forme

 

 

 

 

Dernière quinzaine d’avril. Les couloirs du Conseil Général – surtout du côté de l’informatique et de la voirie- résonnent périodiquement de quelques éclats de voix vélocipédiques. Diable Rouge est  le premier  à expliquer à la cantonade et a capella la teneur de nos exploits passés et à venir. Nul n’ignore les avantages du P 38 dans sa vie.

 

 

 

 

Le lundi matin, le collègue Jean François  me serre rituellement la main en me demandant « Comment vas-tu Jalabert ? ». Un peu avant neuf heures André et Jacques assistent  avec plaisir à la transformation de leur bureau  de la voirie départementale en salle intermittente de conférence-témoignage-gestion de projet vélo. Patrick passe dire bonjour et s’enquérir  des anecdotes du week end. On en repart un peu plus tard ragaillardis dans nos missions professionnelles, prêts à rattraper ces quelques instants volés à la productivité générale.

 

 

 

 

Il reste deux sorties dominicales avant le Ventoux pour affiner la mise en forme. Leur choix ne tient pas du hasard, bien au contraire. Les esprits forts s’y sont penchés. Résultat, nos deux sorties s’avèrent  spécialement tartinées.

 

 

 

 

Dimanche  25avril, on répète le parcours de la Petite Albigeoise. Enfin, de la nouvelle Petite 2004 et ex Grande 2003 .Les organisateurs ont rajouté une épreuve  aux deux précédentes et modifié leur hiérarchie. Ma petite 2003 de 70 kilomètres devient quasiment une balade et la grande 2003 est présentée comme  la plus petite des deux cyclo sportives  2004. Quelques 110 kilomètres pour elle, plus de 160 pour l’autre, la vraie nouvelle.

 

 

 

 

Sous la houlette de Denis, on  quitte le stadium d’Albi direction   Teillet, Saint Pierre de Trévisy et la  vallée du Gigou vers Ganoubre et Lacaze. On enchaînera par  la montée du «  Petit Tourmalet » vers Saint Pierre de Combaijac et LaFontblanque. Le retour s’effectuera par Saint Pierre, la côte de La Tibarié, Montroc, Teillet et Albi.

 

 

 

 

Quelques kilomètres avant  Teillet, au carrefour des routes départementales 81 et 74, bien avant les Quatre Chemins, l’Ange Blanc nous offre un « extra » à sa façon. Il nous déniche une  petite côte de ses vieilles connaissances, charmante mais revêche nous faisant entrer à Teillet par la route du Travet . On assume en attendant la montée  de Razisse vers LaVilleDieu. Et d‘autres ensuite. Mise en forme ….toujours.

 

 

 

 

Les traversées de  Teillet et de Saint Pierre de Trévisy  s’effectuent rapidement. Sans bruit ni gaieté locale manifeste . Les deux villages  s’éveillent doucement. Le  Parc Aventure termine son hibernation. Quelques rares personnes discutent devant  les boulangeries. Les mairies dorment . Bref, y’ a pas foule !

 

 

 

 

 Le camping de l’Entre deux Lacs, autrefois déjà partiellement animé en cette période, somnole. La maison de retraite de Saint Pierre aussi, apparemment, du moins en extérieur. On est loin de l’animation de l’Albigeoise 2003 mais on  retrouvera très certainement les éphémères sourires des pensionnaires ce prochain  6 juin.

 

 

 

 

On prend plaisir à retrouver un petit bout de la vallée du Gigou. Et  le rythme s’accélère en conséquence. Quelques faux plats m’horripilent vraiment de temps à autre. Je m’accroche et regarde le paysage naturel ou bâti. L’auberge  de Lacaze  existe toujours alors que le bâtiment de l’ancienne gendarmerie est mis en vente.  Le village en lui-même a acquis un vrai cachet .  Quelques rayons de soleil y harmonisent  le gris des toitures et le vert des jardins et abords de la rivière.

 

 

 

 

Dire que j’escalade le Petit Tourmalet délivré de toute pression en chantant à tue tête serait exagéré.  Mais, galvanisé par nos succès du Pic de Nore et des cols du Portillon et de Monté, je me l’apprivoise «  à ma main ou plutôt au rythme serein de mes coups de pédale». Avec régularité. Et avec l’intime conviction de gagner. Puisse t’il en être autant  lors du Ventoux.

 

 

 

 

Le retour se déroule normalement. Alain ne semble cependant pas au mieux de sa forme. Depuis deux ans,  constatons nous, cet itinéraire  lui réussit rarement , hormis les rares jours d’Albigeoise officielle. Aujourd’hui, sa crevaison d’avant départ d’Albi l’a contrarié. En côte, il se cantonne à rouler à mon allure…ce qui ne saurait être pour lui  un signe de grande vitalité. Walter vient le rechercher plusieurs fois. L’ esprit de famille.

 

 

 

 

 

On reprend tous goût à la vitesse dans les descentes .  Sur le faux plat descendant, entre Fréjairolles et Albi, on rattrape Françis parti volontairement seul depuis trente kilomètres pour «  se tester ». Le vent l’a rappelé à la raison. Et, en voici une preuve supplémentaire, on roule toujours  plus confortablement et plus agréablement en groupe que seul.

 

 

 

 

Durant la semaine, une réunion de cadrage des « préparatifs » du Mont Ventoux est organisée le mercredi , fin d’après midi. En déplacement professionnel sur Paris, je la sèche tout en en ayant préalablement averti les copains . Dommage !

 

 

 

 

 J’ai aussi préalablement donné  mon point de vue à André et à d’autres copains sur  plusieurs questions en suspens. Nos avis divergent quelque peu sur  l’ utilisation envisagée de deux véhicules du Conseil Général .  J’aime la « tradition orale et les us et coutumes «  mais reste persuadé, en cette occasion, de la nécessité d’une convention écrite  entre notre association et notre employeur. On verra.

 

 

 

 

Lors de cette réunion, Denis, Hervé et Bernard confirment leur  idée follement géniale . Leur challenge supplémentaire de sportifs accomplis et complices.  Ils ont décidé de rejoindre les Hautes Alpes et Malaucène, notre  base opérationnelle spécial Ventoux, en vélo . En deux jours.  Albi, le Vigan. Le Vigan, Malaucène.    Ce projet colle bien à leur trois personnalités et on s’en fait les plus fervents supporteurs. Allez, les gars !

 

 

 

 

 Hervé a tout prévu. Il fait en cours de semaine un aller retour en voiture jusqu’au Vigan pour repérer la route et déposer les sacs de changée à l’hôtel réservé pour l’étape.

 

 

 

 

Dimanche 2 mai. Dernière mise en forme . En Cordais et Grésigne.   125 kilomètres au minimum. Notre plus longue sortie commune depuis le début de l’année.   Albi, Cordes, Marnaves, Milhars  et une des rares côtes non encore testées  permettant de rejoindre Vaour. Penne, Saint Antonin Noble Val et la montée vers  le Roc des Anglars, Dolmen de Vaour, Tonnac, Frausseilles, Noaïlles, Sainte Croix, Albi.

 

 

 

 

On se retrouve à douze pour cette équipée. Bernard, Alain, André, Denis, Walter, Francis, Didier, Daniel, Xavier, Hervé, Laurent et moi. Les dix du Ventoux ont tous répondu présent.  Les préliminaires connaissent leur apothéose.

 

 

 

 

A peine sortis d’Albi,  on démarre aussitôt et durement par la  côte de Mascabières  . Trop vite en ce qui me concerne. J’apprécie très modérément  son aspect « casse pattes » qui fait vite monter le cardio au dessus du seuil recommandé.  On s’en ressentira   vraisemblablement plus tard.

 

 

 

 

Sur les plateaux, la vitesse de croisière s’instaure. On « subit » quand même la route Albi-Cordes et son trafic  .Cette  départementale s’avère de bonne qualité routière mais ses automobilistes roulent vite en se contrefoutant  des cyclos en bord de chaussée .

 

 

 

 

En passant aux Cabannes devant l’Hostellerie du Parc,  on repense quasiment tous à la soirée gourmande du 24 janvier. Mon ami , « le chef » Claude Izard nous y a reçus avec talent et amicale prévenance.

 

 

 

 

On continue sagement notre périple. A Milhars, Hervé et Denis entraînent plusieurs copains parmi les plus costauds chez le nouveau boulanger. Ils veulent savoir s’il continue de créer les célébrissimes  pains aux raisins aux allures de fouaces de son prédécesseur. Et les goûter si possible.

 

 

 

 

On en profite, nous les autres cyclo , pour  entamer l’ascension inédite. On l’achèvera   avant  eux, pour une fois. Prêts et motivés pour partager  leurs friandises.        Ce qui, bien sûr, se réalisera.

 

 

 

 

On rejoint ensuite Vaour en groupe et de bonne allure.  Passage devant la Commanderie et  halte devant l’office de tourisme . Celui-ci est à ce moment là ouvert avec confiance et résignation, peut être,   aux visiteurs  … sans personnel d’accueil. La ruralité et les délégations de service public en difficulté ou sursis incertain  , c’est aussi ça.

 

 

 

 

 Xavier pénètre dans le local et en ressort abasourdi. Dépité, il s’en va pisser en face pendant qu’on  se ravitaille en eau . Il évacue et on recharge. La vie est bien une suite ininterrompue de situations contradictoires.

 

 

 

 

On descend vers Penne à vive allure. Hervé, Didier et Xavier  s’y  font à un moment quelques frayeurs de proximité  en évitant de peu un franc télescopage .  A environ 60 à l’heure. Le métier rentre….

 

 

 

 

Nous n’en avons pas réellement fini avec les émotions. En vallée d’Aveyron tarn et garonnais,  peu avant Saint Antonin Noble Val, on roule vite, en file indienne rapprochée. Insouciants et appliqués,  le nez et les yeux rivés sur le guidon. Au ras du bitume immédiat et sans possibilité d’observer la route loin devant.

 

 

 

 

Un méchant cailloux va alors perturber l’ordonnancement de notre colonne  .  De manière totalement impromptue et déconcertante.  Les gars de tête l’aperçoivent au dernier moment. Les copains situés en deuxième moitié de peloton , pas vraiment avertis, n’ont ni le temps  de le remarquer  ni celui  de réagir juste avant leur passage .

 

 

 

 

Résultat, Didier ou Dany et Francis connaissent quelques frayeurs . Aucun ne crève mais l’un a failli, l’autre a reçu le cailloux projeté par la roue du copain sur son pédalier. Ils n’apprécient pas et nous le font savoir.

 

 

 

 

 

 

On roule. Laurent mène la troupe et aborde la cité médiévale de Saint Antonin par une contre allée, boisée en bord de rivière. Il me fait penser  à un pistard préparant son sprint . En fait, il s’agit pour lui d’arriver en perspective et au plus près de la côte menant au Roc des Anglars.

 

 

 

 

De Saint Antonin, on ne visitera pas aujourd’hui la  halle , les ruelles anciennes , leurs maisons à colombages et le beffroi  réputé le plus ancien de Navarre et de France.  Idem pour son usine d’embouteillage de  son eau de source minérale, la Source du Prince Noir. Et pourtant,  elle a , je crois, bâti sa  réputation sur une exceptionnelle pureté et l’absence totale de nitrates.  

 

 

 

 

L’objectif immédiat est d’atteindre en trois kilomètres environ  les hautes et blanches murailles  qui nous font face  à 361 mètres d’altitude. 23O de plus que notre actuel point de ravitaillement. Les amateurs de delta plane de la région en connaissent tous les charmes et y ont créé une base de décollage.

 

 

 

 

Deux routes  mènent au Roc des Anglars .  Xavier, André , Denis et quelques autres empruntent l’étroite et sinueuse  route de la bergerie. Pour se tester sur ses quelques passages fortement pentus. On se contente de la route classique  D 19 dont on conserve un souvenir mitigé. Elle « use » un peu le moral avec de longs et larges virages montants.

 

 

 

 

Une fois en haut, après récupération, on décide,  Walter et moi,  de prendre un peu d’avance   en poursuivant la route forestière vers Saint  Michel de Vax et le carrefour du dolmen de Vaour.  On la connaît et on la retrouve fidèle à elle-même .Longue , droite et boursouflée. Ses légères descentes se méritent.  On se fait naturellement rattrapés par les deux groupes de copains volontairement non attendus sur le plateau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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