Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...
Le corbeau et le reynard»
Avant d’entamer la descente du Ventoux vers le chalet Reynard, on sacrifie avec joie au rituel de la photo de groupe prise par une personne extérieure aussi contente que compréhensive. On prend soin, naturellement, de bien tous figurer devant la plaque indicative du Mont Ventoux. 1912 mètres.
Tous. Enfin presque. Il manque le meilleur, je veux dire le plus rapide. L’Ange Blanc. Arrivé trop tôt pour ne pas succomber à la tentation de redescendre un peu pour nous encourager , un par un, et pour patienter un peu plus bas ,à l’abri. Nos deux chronos, le sien (1H 47mn) et le mien (2H 20) justifient parfaitement son attitude.
On comprend vite pourquoi Denis a eu raison. La descente sur six kilomètres s’avère terrible. Quasiment plus pénible que le dernier kilomètre à cause du froid qui s’infiltre partout, de la visibilité restreinte et de la chaussée glissante. Jolie convergence de dangers.
On redouble de prudence tout en ayant peine à appuyer sur les poignées de frein. Mes super gants bien rembourrés du Crédit Agricole ne m’épargnent pas de l’onglée. Quant aux copains en mitaines ou gants plus légers, je les aperçois taper régulièrement leurs mains sur leurs cuisses. Ils souffrent…
On ne dépasse guère les 30 kilomètres à l’heure sur cette portion de descente fortement prononcée. On roule dans la purée. J’enregistre difficilement les détails du paysage. Et conserve surtout une double vision de brumes et de givre avant de recouvrer bientôt une vision panoramique si méritée. Vers la vallée du Rhône, Carpentras, Cavaillon et Avignon.
J’apprendrai plus tard l’extrême richesse de la flore du Ventoux : plus de 400 espèces sur les 1000 de l’ensemble du patrimoine français. Jean Henri Fabre, un certain entomologiste , sommité scientifique bien connue au Japon et en Aveyron - son village lui a rendu hommage en créant Micropolis- a écrit au 19 ème siècle de bien belles pages sur le sujet.
Lui et ses adeptes contemporains n’assimilent pas , comme nous, les hauteurs du Ventoux à une surface désertique où « la flore n’est que perraille blanchâtre, contrastant avec le vert foncé de quelques rares genévriers hémisphériques dont la survie ne tient quà leur nanisme »…ils savent y découvrir , à la belle saison, « ..une florule de 150 petites fleurs, toutes plus originales les unes que les autres »… On reviendra, promis….
Arc-boutés sur nos vélos, nous n’avons pas cherché, non plus, à emprunter les chemins de traverse du Parc des Cévennes pour apercevoir, quelques uns des animaux familiers du massif. C’eût été l’occasion, peut être, de reconnaître des renards, des blaireaux, des fouines, des belettes, des lièvres, quelques lapins, sangliers, cerfs, mouflons ou chamois….
La galère s’achève. On marque une halte soutenue devant le chalet Reynard car Xavier manque à l’appel. André le récupère finalement et on se dirige tous vers Sault , les gorges de la Nesque, Villes sur Auzon, Flassan , Bédouin et Malaucène. Le soleil nous réchauffe le corps.
On se régale pratiquement tout le temps, hormis les retrouvailles de fin de rando avec le col de la Madeleine. La descente vers Sault à travers l’aimable forêt du Ventouret nous fait plaisir. Chacun l’aborde comme il l’entend. Francis, l’amoureux des descentes rythmées, s’en donne certainement à cœur joie. Je suis trop loin pour le savoir. Je descends vite mais les yeux ouverts sur l’environnement. Hervé ferme la marche. Nul ne saura si notre ami s’est ressenti de sa chute de Bédarrides durant l’ascension. En tout cas, il est arrivé plus de dix minutes avant moi au sommet.
On croise quelques courageux en cours d’ascension dont un couple en tandem. Lui devant et appliqué, elle derrière concentrée et souriante. On se salue.
La balade entre Sault et Villes sur Auzon à travers la route des gorges nous ravit même si leur sommet se mérite. On réalise une fois de plus combien devient momentanément éprouvante toute montée un peu sèche après une belle et longue descente. Le plaisir de la roue libre doit s’effacer devant une nouvelle quête de l’effort.
Denis vient me rechercher. On roule de concert. Plein gauche, un court instant. En toute décontraction. La route et la visibilité le permettent. On cherche ensemble à apercevoir le lit de la Nesque. On discute entre complices. « ..Crois tu que les copains de devant vont bientôt s’arrêter au sommet des gorges, devant le belvédère du Castellaras ? »…
Oui. Heureusement. On peut tous contempler en face le rocher du Cire. 200 mètres d’à pic entre lui et nous. Et un décor de rêve composé de lentisques, de buis, de genévriers et de chênes. Un duo de motards, venant tout juste de s’arrêter, accepte complaisamment de nous tirer le portait « en situation ».
Xavier et Walter s’attardent un moment devant un monument reprenant un long texte provençal de Frédéric Mistral et des Félibres. L’occitan et le provençal ont beau se ressembler partiellement, la traduction reste difficile. Etait ce l’ode à « la Montagne Divine » , à l’ « Olympe des Poètes » ou au « Roi des Vents » comme tous ces poètes provençaux ont aimé appeler le Ventoux? On ne le saura pas vraiment.
On reprend la route. Intuitivement, j’interroge mon compteur car je sens l’occasion proche. Et unique. Avec raison. Quelques minutes plus tard, je m’offre, avec la bénédiction générale, une échappée volontaire de cent cinquante mètres sur une portion de route idyllique. RD 942, PR 42. Cette échappée historique symbolise mon deux millième kilomètre de la saison 2004. Les bras levés vers le ciel cévenol.
2000 bornes et un Ventoux! Wau…. Pas mal pour une seule journée même si Bernard, Hervé et Denis viennent presque d’en accomplir le quart en trois jours.
Après une courte forfanterie waltérienne , Francis et Denis prennent le large. Ils enchaînent plusieurs lacets et tunnels de cette longue et lente pente en roulant comme des pros. C'est-à-dire vite, très vite, en se promettant de faire encore mieux à la prochaine opportunité.
On se ravitaille en eau à Flassan, en compagnie de trois cyclo du cru, arborant un maillot Crédit Agricole. J’exhibe le mien tout en précisant ma non appartenance professionnelle à la banque. Ils s’en amusent.
Le retour via Bédouin et Malaucène nous réserve une seule difficulté. Le col de la Madeleine, quelques 90 kilomètres après le départ et 55 après le Ventoux. Une quinzaine avant le terminus. Nous l’avons testé dans l’autre sens à l’aller. Son attaque actuelle apparaît nettement plus « méchante ».
Walter et moi en accusons un peu le coup mais André et Monsieur Laur se métamorphosent en deux Saints Bernard des plus attentionnés. L’après Madeleine se déroule sans le moindre problème. On rejoint tous le clos Saint Michel autour de 15H20.
En posant pied à terre, chacun se penche sur son compteur. Le mien affiche 5H49 de vélo pour la journée. 112 kilomètres. 19,2 de moyenne horaire. Une pointe descendante à 58,6 .
Instinctivement, on se regroupe autour de la table d’extérieur. Les uns s’asseyent sur une chaise à portée immédiate. D’autres récupèrent sur un fauteuil en second cercle. On se retrouve déchaussés, décasqués, plus ou moins démaillotés ou dépouillés des journaux protecteurs. Ca sent la sueur un peu partout et on s’en fout. On en serait même plutôt contents.
Bref chacun respire à l’aise et se repasse le film de la journée. Avant d’échanger avec les copains ou de prévenir sa femme et sa famille. « Ca y est. On l’a fait ».
Denis revient de la cuisine avec deux packs de bière. Fraternellement, il propose, décapsule et distribue une bouteille à tous les volontaires. Chacun récupère et apprécie de partager un tel moment.
J’avale mon sandwich. Alain déguste une banane. Walter s’explique avec une demi baguette. Dany prend quelques photos. Quelques copains revivent leur course. Parlent du bruit des éboulis entendu lors de la montée des derniers kilomètres. D’autres s’apprêtent à se doucher. D’autres philosophent et se demandent rétrospectivement si nos prévisions de souffrance n’étaient finalement pas un tant soit peu gonflées.
Auraient ils joué, ceux là, à se faire peur alors que, finalement, selon eux, cet accès du Ventoux n’est peut être pas le pire ? Est-ce leur manière d’introduire un autre challenge pour demain, l’ascension du Ventoux depuis Malaucène ? Est-ce leur réaction de sportif content et déçu des conditions d’atteinte de son objectif ? Il est parfois difficile de redescendre sur terre, une fois le rêve réalisé.
Je n’en suis pas là. Non. Vraiment pas. Eux non plus d’ailleurs car ils remballent assez vite leurs supposés états d’âme. Et retrouvent la tonalité emballée du groupe.
Denis parle des deux mobylettes DOMO dont la vitesse de pédalage l’a lui aussi impressionné. « Ces deux types là, ils vivent apparemment sur une autre planète ….Quant aux autres cyclos qui m’ont dépassé au départ, ils ne me semblent pas vraiment différents de nous, un peu plus ou un peu moins préparés…. D’ailleurs, sur la fin, après Reynard, j’ai rattrapé du monde et parmi eux, des optimistes nous ayant passé au départ »…
Les téléphones portables fonctionnent à plein régime. André appelle femme puis fils pour les tenir informés de ses exploits. Après tout, il est normal qu’à travers Sylvain, la « future nouvelle élite de la nation en école d’ingénieurs à Nantes » se sente fière des générations précédentes.
Le Président compose aussi mon numéro albigeois sur son téléphone puisque je persiste à ne pas vouloir m’équiper de cette diabolique invention rendant parfois service. J’appelle donc Andrée et la distrait quelques instants de la rédaction d’un rapport professionnel .Elle s’associe sportivement à nos joies depuis sa table de travail.
Présente elle aussi à la maison, Mum retrouve l’origine de mon appel grâce au 31-31.Notre fille appelle donc à son tour et débouche sur le téléphone trémolliéresque ( non, c’est un Alcatel !). Elle tente de se faire passer pour une journaliste de la Dépêche du Midi. Cette blague sympa ne nous piége pas véritablement.
On squatte les trois douches du gîte sans véritable méthode. Mais avec délectation. Résultat, les derniers à se laver ont droit à une implacable descente d’eau froide. Toutes les réserves d’eau chaude ont été épuisées. Les malheureux petits camarades s’inscrivent aussitôt pour un autre ordre de passage le lendemain.
J’entraîne facilement André, Walter et Denis pour un repérage sur Malaucène du resto de ce soir. Eric, le patron du clos Saint Michel, en a préconisé deux. A nous d’en découvrir les cartes et d’effectuer la réservation pour le groupe des Dix.
On choisit rapidement l’établissement le Venaissin avant de partir flâner tous les quatre dans le village. On y pénètre par le Chemin des Anes, Walter en tête, à l’invitation d’André.
Malaucène. Avant nous, le pape Clément V est venu dans cette belle cité du Comtat Venaissin. Lui y a installé sa résidence d’été, il y a presque 700 ans.
On déambule dans les ruelles, en remarquant de ci de là quelques fontaines et anciennes demeures, pas toutes rénovées dans les règles de l’art. On grimpe à pieds – une fois n’est pas coutume- jusqu’au calvaire, aménagé sur l’ancien château, pour apprécier le panorama d’ensemble. L’architecte des Monuments de France du Vaucluse a brillamment obtenu la généralisation de la tuile canal sur les toitures des maisons du centre.
Au retour, on trouve les autres copains en train de disputer une acharnée partie de pétanque. Si Xavier, Bernard et Francis soignent le style, Dany en remontre à ces jeunots en annonçant et réussissant des tirs déterminants. On se croirait en vacances. Hervé arbore un sourire qui en dit long sur son mental et ses facultés de récupération après chute. Quel gaillard, le lascar !
L’heure de l’apéro s’annonce d’elle-même. Réunis autour de la table de la grande salle, on prend le temps de déguster le Gaillac brut de Maître Albert prévu spécialement pour ce grand moment.
J’installe les verres à pieds. Francis joue les sommeliers et nous fait un service digne des grandes manifs de l’office du Conseil Général. De savoureux croquants cordais sont aussi offerts par André. Françoise les a confectionnés selon une recette de l’Albigeois Belin explicitée sur Fance 3 Sud dans l’émission « Bon appétit, bien sûr ! »..
Qu’il est bon, ce Gaillac. ! Frais et effervescent, sportif et amical. En l’achetant à Albi, j’ai rêvé du moment présent. Et nous y sommes. C’est pas beau la vie ?
Le temps passe agréablement. On trinque, on fait d’autres photos souvenirs, on plaisante. On évoque la journée de demain. On discute du parcours envisagé depuis Malaucène pour un Ventoux bis.
J’explique mon envie et ma décision de laisser mon vélo au repos demain matin. Je veux refaire en voiture le parcours d’aujourd’hui afin d’engranger d’autres impressions paysagères et sportives, de m’arrêter devant les stèles. D’alimenter mon projet de bouquin sur l’Année du Ventoux. Un livre ne s’écrit pas qu’à la sueur de son front.
J’y ajoute un argument imparable. Je me dévouerai aussi pour la collectivité au point d’accomplir, dans les villages les plus appropriés, les achats de muscat de Beaumes de Venise et de Gigondas. Cette bonne action me permettra aussi d’apercevoir les fameuses Dentelles de Montmirail.
Walter nous presse pour rejoindre le restaurant. « Eh, les gars, on a rendez vous à 20 heures ! » On acquiesce à sa demande. Le dîner nous satisfait moyennement sans nous faire pâmer d’admiration pour les manières du chef
et de sa cuisine. Dos de colin, saumon et chèvre, entrecôte…. Le rosé et le rouge Côtes de Ventoux agrémentent raisonnablement la soirée.
Le service est assuré par de charmantes et timides jeunes femmes bulgares. Je pense aussitôt à certains restaurateurs tarnais apparemment orientés pour cette saison vers des serveuses chiliennes. Est-ce une tendance nouvelle à toute la restauration ? Si Raffarin l’avait su bien avant les élections, aurait il accordé à la profession ce même 1,5 milliard d’euros d’allègement de charges sans réelles promesses d’embauche ou d’augmentation en contrepartie ?
On rentre au Clos Saint Michel en deux fournées. Les plus lents cachent bien leur jeu. Ils nous font croire à la recherche d’un bistrot alors qu’ils s’en vont repérer de nuit en voiture le tracé vélo du lendemain.
On en recause tous ensemble. Selon Denis, quelques passages s’avèreront plus durs qu’aujourd’hui même si l’ensemble demeure notoirement plus aisé. Les copains se mettent d’accord pour rouler un peu sur le plat avant d’attaquer la montée. Ils crochèteront par Beaumont du Ventoux. André me suggère d’organiser mon propre périple auto de manière à retrouver tout le monde en haut afin d’assurer le ravitaillement eau-gants-sandwiches. Idée acceptée à l’unanimité.
L’extinction des feux est programmée vers 23H50. Pas celle des derniers rires, blagues, sketches improvisés ou délivrances bruyantes de gaz intestinaux. La colo autogérée fête sa deuxième et dernière nuit au complet.
Francis et Alain nous imposent, à travers les murs, quelques échos d’une émission de variétés. Ils sont les seuls à pouvoir et vouloir regarder la télé…et le prouvent. On les calme plus ou moins courtoisement. Puis chacun rejoint Morphée.
On se lève à 7 heures pour un départ estimé autour de 8 H 30. Et un rendez vous général au sommet entre 11h30 et 12 heures. L’ambiance se veut studieuse- chacun se prépare consciencieusement- mais l’enjeu s’est atténué. Il n’y a qu’une première fois !
Je ne me fais aucun souci pour eux. « …Les costauds, me dis je, ils se le monteront tous par Malaucène leur second Ventoux, c’est certain… Ce sont de grands sportifs gourmands qui, après avoir goûté le gâteau veulent aujourd’hui connaître le goût de la cerise… Alors bonne route et à tout à l’heure..»
Je reste un moment seul dans notre gîte et y range quelques bricoles. Je m’y sens vraiment bien. ll y règne une atmosphère de confiance et de sérénité. Rien que des ions positifs de partout.
Toutes les chambres ont gardé leur porte ouverte. Toutes les chaussures « civiles » sont gentiment éparpillées près de la porte d’entrée. Le grand sac plastique noir de la poubelle se tient poliment refermé à côté du comptoir et de son panier empli de senteurs locales. Le lave vaisselle, rempli aux trois quarts, baille en attendant son heure. La poêle de Walter somnole sur l’évier .L’huile d’olive aussi. Les tagliatelles dorment dans le frigo. Comme au rugby, on donne, pour le rangement intérieur, dans le style « viril mais correct ».Et le soleil illumine l’ensemble.
Le cahier d’accueil des propriétaires, Laurence et Eric, respire l’amour du « pays » d’ici et le plaisir –marchand et intelligemment conçu - de recevoir. Ils ont tout prévu, des stages de dégustation de leur vin aux possibilités de garde des enfants des clients parents ou de visite de producteurs d’huile d’olive. Quelques dessins d’enfants accrochés sur les murs témoignent de vacances réussies.
Sur les conseils d’Eric, je prends la route de Suzette et des Dentelles de Montmirail. Et m’arrête en chemin pour admirer ces incroyables ciselures. Dire qu’il s’agit de montagnes !
Je rejoins Beaumes de Venise, officiel site remarquable du goût, pour son muscat puis Vacqueras pour son Gigondas. Dans ces deux villages, je me renseigne un peu plus auprès d’habitants. Seules, les caves coopératives sont ouvertes en ce dimanche d’avant 10 heures. L’accueil reste sympa, les prix pas trop. J’opte à chaque fois pour des produits dits moyennement supérieurs en espérant que tous les copains en seront satisfaits.
De retour à Malaucène, je refais en voiture notre itinéraire vélo d’hier. Méticuleusement. Sans me presser vraiment car je me fixe 11H45 comme heure de rendez vous au sommet avec le groupe.
Abasourdi, j’y rencontre rapidement quelques guignols revêtus d’un seul tee shirt et pas mal de cyclos posant pied à terre dans le premier tronçon. Hier, l’ambiance se voulait partout sportive et concentrée. Aujourd’hui, elle ressemble, chez certains, à la promenade dominicale. Y aurait il des cyclistes du dimanche comme il existe des automobilistes dominicaux ? Pensent ils arriver ainsi au bout d’une telle épreuve ? Ont-ils idée de la température à 1912 mètres ?
Je stoppe la 206 à plusieurs reprises, notamment devant les stèles presque ignorées la veille. L’idée me vient de ramasser un (relatif) gros caillou appelé à trôner dans les couloirs du Conseil Général au milieu des coupes des footeux. Là où les équipes de l’informatique prennent leurs cafés quotidiens.
Surprise. J’arrive finalement bon dernier au sommet du Ventoux. Tous les copains sont là depuis, au moins, un quart d’heure. Ils ont tous bien roulé et apprécié les temps de récupération de l’itinéraire. Ils sont partagés entre le désir de m’engueler pour ce retard impensable et celui de vite retrouver, dans le coffre de la 206, gants, nourriture et boissons. Bons enfants, ils cèdent apparemment à la deuxième tentation.
Je ferme la marche pour la descente vers Malaucène. Les potes semblent moins souffrir du froid que la veille. André m’incite à un moment à prendre une photo souvenir de sapins givrés.
On s’arrête peu après le Mont Serein devant l’auberge et chalet de Mimi. Cette amie des cyclos a prévu des tables d’accueil et des parking à vélos sous forme d’encoches profondes de troncs d’arbres. Belle idée.
Ici, il fait beau. Le belvédère du chalet Liotard offre une large vue sur la plaine jusqu’à Vaison. On s’organise une pause et un nouveau ravitaillement en eau. Le cubitainer Volvic emporté du Clos Saint Michel rencontre pas mal d&rsqu