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Récits de quelques escapades cyclo d'une équipe de copains du Conseil Général du TARN et de leurs potes...

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"Le corbeau et le reynard"(8 mai 2004)

 

Le corbeau et le reynard»

 

 

Avant d’entamer la descente du Ventoux vers le chalet Reynard, on sacrifie avec joie au rituel  de la photo de groupe prise par une personne extérieure aussi contente  que compréhensive.  On prend soin, naturellement, de bien tous figurer devant la plaque indicative du Mont Ventoux. 1912 mètres.

 

 

Tous. Enfin presque. Il manque le meilleur, je veux dire le plus rapide. L’Ange Blanc. Arrivé trop tôt pour ne pas succomber à la tentation de redescendre un peu pour  nous encourager , un par un,   et pour patienter  un peu plus bas ,à l’abri.   Nos deux chronos, le sien (1H 47mn) et le mien (2H 20) justifient parfaitement son attitude. 

 

 

On comprend vite pourquoi Denis  a eu raison. La descente sur six kilomètres s’avère terrible.  Quasiment plus pénible que le dernier kilomètre à cause du froid qui s’infiltre partout, de la visibilité restreinte et de la chaussée glissante. Jolie convergence de dangers.

 

 

On redouble de prudence tout en ayant peine à appuyer sur les poignées de frein. Mes super gants bien rembourrés du Crédit Agricole ne m’épargnent pas de l’onglée.  Quant aux copains en mitaines ou gants plus légers, je les aperçois taper régulièrement leurs mains sur leurs cuisses.  Ils souffrent…

 

 

On ne dépasse guère les 30 kilomètres à l’heure sur cette  portion de descente fortement prononcée. On roule dans la purée.  J’enregistre  difficilement les détails du paysage. Et conserve surtout une double vision de brumes et de givre avant de recouvrer bientôt  une  vision panoramique  si méritée.  Vers la vallée du Rhône, Carpentras, Cavaillon et Avignon.

 

J’apprendrai plus tard l’extrême richesse de la flore du Ventoux : plus de 400 espèces  sur les 1000 de l’ensemble du patrimoine français. Jean Henri Fabre, un certain entomologiste  , sommité scientifique bien connue  au Japon et en Aveyron  - son village lui a rendu hommage en créant Micropolis-  a écrit  au 19 ème siècle de bien belles pages sur le sujet. 

 

 

Lui  et ses adeptes contemporains n’assimilent  pas , comme nous, les hauteurs du Ventoux à une surface désertique où «  la flore n’est que perraille blanchâtre, contrastant avec le vert foncé de quelques rares genévriers hémisphériques dont la survie ne tient quà leur nanisme »…ils savent y découvrir , à la belle saison, « ..une florule de 150 petites fleurs, toutes plus originales les unes que les autres »… On reviendra, promis….

 

 

Arc-boutés sur nos vélos, nous n’avons pas cherché, non plus, à  emprunter les chemins de traverse du Parc des Cévennes pour apercevoir, quelques uns des animaux familiers du massif. C’eût été l’occasion, peut être, de  reconnaître des renards, des blaireaux, des fouines,  des belettes, des lièvres, quelques lapins, sangliers, cerfs, mouflons ou chamois….

 

 

La galère s’achève. On marque une halte soutenue devant le chalet Reynard car Xavier manque à l’appel.  André le récupère finalement  et on se dirige tous vers Sault , les gorges de la Nesque, Villes sur Auzon, Flassan , Bédouin et Malaucène. Le soleil nous réchauffe le corps.

 

 

On se régale pratiquement tout le temps, hormis les retrouvailles de fin de rando avec le col de la Madeleine. La descente vers Sault à travers l’aimable  forêt du Ventouret nous fait plaisir. Chacun l’aborde comme il l’entend. Francis, l’amoureux des descentes rythmées, s’en donne certainement à cœur joie. Je suis trop loin pour le savoir.  Je descends vite mais les yeux ouverts sur l’environnement.  Hervé  ferme la marche.  Nul ne saura si notre ami s’est ressenti de sa chute de Bédarrides durant l’ascension. En tout cas, il est arrivé plus de dix minutes avant moi au sommet.

 

 

On croise quelques courageux en cours d’ascension  dont un couple en tandem. Lui devant et appliqué, elle derrière concentrée et souriante. On se salue.

 

 

La balade entre Sault et Villes sur Auzon à travers la route des gorges  nous  ravit même si leur sommet se mérite. On réalise une fois de plus  combien devient momentanément éprouvante toute montée un peu sèche après une belle et longue descente.  Le plaisir de la roue libre  doit s’effacer devant une nouvelle quête de l’effort.

 

 

Denis vient me rechercher. On roule de concert. Plein  gauche, un court instant. En toute décontraction. La route et la visibilité le permettent.   On cherche ensemble à apercevoir le lit de la Nesque.  On discute entre complices. « ..Crois tu que les copains de devant vont bientôt  s’arrêter  au sommet des gorges, devant le belvédère du Castellaras ? »…

 

 

Oui. Heureusement.   On peut tous contempler en face le rocher du Cire. 200 mètres d’à pic entre lui et nous. Et un décor de rêve  composé  de lentisques, de buis, de genévriers et de chênes. Un duo de  motards, venant tout juste de s’arrêter, accepte  complaisamment de nous tirer le portait «  en situation ».

 

 

Xavier et Walter s’attardent un moment devant un monument  reprenant un long texte provençal de  Frédéric Mistral et des  Félibres. L’occitan et le provençal ont beau se ressembler partiellement, la traduction reste difficile.  Etait ce l’ode  à « la Montagne  Divine  »  , à l’ « Olympe des Poètes »  ou au « Roi des Vents » comme tous ces poètes provençaux  ont aimé appeler le Ventoux?  On ne le saura pas vraiment.

 

 

On reprend la route. Intuitivement, j’interroge mon compteur car je sens l’occasion proche. Et unique. Avec raison.  Quelques minutes plus tard,   je m’offre, avec la bénédiction générale, une échappée volontaire de cent cinquante mètres  sur une portion de route idyllique. RD 942, PR 42. Cette échappée historique symbolise mon deux millième kilomètre de la saison 2004. Les bras levés vers le ciel cévenol.

 

 

2000 bornes  et un Ventoux! Wau….   Pas mal pour une  seule journée même si Bernard, Hervé  et Denis viennent presque  d’en accomplir le quart  en trois jours.

 

 

Après une courte forfanterie waltérienne , Francis et Denis prennent le large. Ils enchaînent plusieurs lacets et  tunnels  de cette longue et lente pente en roulant comme des pros. C'est-à-dire  vite, très vite,  en se promettant de faire encore mieux à la prochaine opportunité.

 

 

On se ravitaille en eau à Flassan, en compagnie de trois cyclo du cru, arborant  un maillot Crédit Agricole. J’exhibe le mien  tout en précisant ma non appartenance professionnelle à la banque.  Ils s’en amusent.

 

 

Le retour via Bédouin et Malaucène nous réserve  une seule difficulté. Le col de la Madeleine, quelques 90 kilomètres  après le départ et 55 après le Ventoux. Une quinzaine avant le terminus.  Nous l’avons testé dans l’autre sens à l’aller. Son attaque actuelle  apparaît  nettement plus « méchante ».

 

 

Walter et moi en  accusons un peu le coup mais André et Monsieur Laur se métamorphosent en deux  Saints Bernard des plus attentionnés.  L’après Madeleine  se déroule sans le moindre problème. On rejoint tous  le clos Saint Michel  autour de 15H20.

 

 

En posant pied à terre, chacun se penche sur son compteur. Le mien affiche 5H49 de vélo pour la journée. 112 kilomètres. 19,2 de moyenne horaire.  Une pointe descendante à 58,6 .

 

 

Instinctivement, on se regroupe  autour de la table d’extérieur. Les uns   s’asseyent  sur une chaise à portée immédiate. D’autres récupèrent sur un fauteuil en second cercle. On se retrouve  déchaussés, décasqués, plus ou moins démaillotés ou dépouillés des journaux protecteurs. Ca sent la sueur  un peu partout et on s’en fout. On en serait même plutôt  contents.

 

 

Bref chacun respire à l’aise et se repasse le film de la journée. Avant d’échanger avec les copains ou  de prévenir sa femme et sa famille. « Ca y est. On l’a fait ».

 

 

Denis  revient de la cuisine avec deux packs de bière. Fraternellement, il propose, décapsule  et distribue  une  bouteille  à tous les volontaires.  Chacun récupère et apprécie de partager un tel moment. 

 

 

 J’avale mon sandwich. Alain déguste une banane. Walter s’explique avec une demi baguette. Dany prend quelques photos. Quelques copains  revivent leur course. Parlent du bruit des éboulis entendu lors de la montée des derniers kilomètres.  D’autres s’apprêtent à se doucher. D’autres philosophent et se demandent rétrospectivement  si nos prévisions de souffrance n’étaient finalement pas un tant soit peu gonflées.

 

 

Auraient ils joué, ceux là, à se faire peur alors que, finalement, selon eux, cet accès du Ventoux  n’est peut être pas le pire ?  Est-ce leur  manière d’introduire un autre challenge pour demain, l’ascension du Ventoux depuis Malaucène ? Est-ce  leur  réaction de sportif content et déçu des conditions d’atteinte de son objectif ? Il est parfois difficile de redescendre sur terre, une fois le rêve réalisé.

 

 

Je n’en suis pas là. Non. Vraiment pas. Eux non plus d’ailleurs car ils remballent assez vite leurs supposés états d’âme. Et retrouvent la tonalité emballée du groupe.

 

 

Denis parle des deux mobylettes DOMO dont la vitesse de pédalage l’a lui aussi impressionné. « Ces deux types là,  ils vivent apparemment sur une autre planète ….Quant aux autres cyclos qui m’ont dépassé au départ, ils ne me semblent pas vraiment différents de nous, un peu plus ou un peu moins préparés…. D’ailleurs, sur la fin, après Reynard, j’ai rattrapé du monde et parmi eux, des optimistes nous ayant passé au départ »…

 

 

Les téléphones portables fonctionnent à plein régime. André appelle femme puis fils pour les tenir informés de ses  exploits. Après tout, il est normal qu’à travers Sylvain, la « future nouvelle élite de la nation  en école d’ingénieurs à Nantes   » se sente fière des générations précédentes.

 

 

Le Président compose aussi mon numéro albigeois sur son téléphone puisque je persiste à ne pas vouloir m’équiper de cette diabolique invention rendant parfois service.  J’appelle donc Andrée et la distrait quelques instants de la rédaction d’un rapport professionnel .Elle s’associe sportivement à nos joies depuis sa table de travail.

 

 

Présente  elle aussi  à la maison, Mum retrouve  l’origine de mon  appel grâce au 31-31.Notre fille  appelle  donc à son tour et débouche  sur le  téléphone trémolliéresque ( non, c’est un Alcatel !). Elle  tente  de se faire  passer pour une journaliste de la Dépêche du Midi.  Cette  blague sympa ne  nous piége pas véritablement. 

 

 

On squatte les trois douches du gîte sans véritable méthode. Mais avec délectation. Résultat, les derniers à se laver  ont droit à une implacable descente d’eau froide.  Toutes les réserves d’eau chaude ont été épuisées. Les malheureux petits camarades  s’inscrivent  aussitôt pour un autre ordre de passage le  lendemain.

 

 

J’entraîne facilement André, Walter et Denis  pour un repérage sur Malaucène du resto de ce soir. Eric, le patron du clos Saint Michel, en a préconisé deux. A nous d’en découvrir les cartes et d’effectuer la réservation pour le  groupe des Dix.

 

 

On choisit  rapidement  l’établissement le  Venaissin avant de  partir flâner tous les quatre dans le village.  On y pénètre  par le Chemin des Anes, Walter en tête, à l’invitation d’André.

 

 

Malaucène. Avant nous, le pape Clément V est venu dans cette belle cité du Comtat Venaissin.  Lui y a installé sa résidence d’été, il y a presque 700   ans.

 

 

On déambule dans les ruelles, en remarquant de ci de là quelques fontaines et anciennes demeures, pas toutes rénovées dans les règles de l’art.  On grimpe à pieds – une fois n’est pas coutume- jusqu’au calvaire, aménagé sur l’ancien château, pour apprécier  le panorama d’ensemble.  L’architecte des Monuments de France du Vaucluse a brillamment obtenu la généralisation de la tuile canal sur les toitures des maisons du centre.

 

 

Au retour, on trouve les autres copains en train de disputer une  acharnée partie de pétanque.  Si       Xavier, Bernard et Francis soignent le style,  Dany  en remontre à ces jeunots en annonçant et réussissant des tirs déterminants. On se croirait en vacances. Hervé arbore un sourire qui en dit long sur son mental et ses facultés de récupération après chute. Quel gaillard, le lascar !

 

 

L’heure de l’apéro s’annonce d’elle-même. Réunis autour de la table de la grande salle, on prend le temps de déguster le Gaillac brut de Maître Albert prévu spécialement pour ce grand moment. 

 

 

J’installe les verres à pieds. Francis  joue les sommeliers  et nous fait un service digne des grandes manifs de l’office du Conseil Général.  De savoureux  croquants cordais sont aussi offerts par  André. Françoise les a confectionnés selon une recette de l’Albigeois Belin  explicitée sur Fance 3 Sud dans l’émission « Bon appétit, bien sûr ! »..

 

 

Qu’il est bon, ce Gaillac. ! Frais et effervescent, sportif et amical. En l’achetant à Albi, j’ai rêvé du moment présent. Et nous y sommes. C’est pas beau la vie ?

 

 

Le temps passe agréablement. On trinque, on fait d’autres photos souvenirs, on plaisante. On évoque la journée de demain. On discute du parcours envisagé depuis Malaucène pour un Ventoux bis.

 

 

J’explique mon envie et ma décision de laisser mon vélo au repos demain matin. Je veux refaire en voiture le parcours d’aujourd’hui afin d’engranger d’autres impressions paysagères et sportives, de m’arrêter devant les stèles. D’alimenter mon projet de bouquin sur l’Année du Ventoux. Un livre ne s’écrit pas qu’à la sueur de son front.

 

 

J’y ajoute un argument imparable. Je me dévouerai aussi pour la collectivité  au point  d’accomplir, dans les villages les plus appropriés,   les achats de muscat de Beaumes de Venise et de Gigondas.  Cette bonne action me permettra aussi d’apercevoir les fameuses Dentelles de Montmirail. 

 

 

Walter nous presse pour rejoindre  le restaurant. «  Eh, les gars, on a rendez vous à 20 heures ! » On acquiesce à sa demande.  Le dîner  nous satisfait moyennement sans nous faire pâmer d’admiration pour les manières du chef

 

 et de sa cuisine. Dos de colin, saumon et chèvre, entrecôte…. Le rosé et le rouge Côtes de Ventoux  agrémentent raisonnablement la soirée.

 

 

Le service est assuré par de charmantes et timides jeunes femmes bulgares. Je pense aussitôt à certains restaurateurs tarnais  apparemment orientés pour cette saison vers des  serveuses chiliennes.  Est-ce une tendance nouvelle  à toute la restauration ? Si Raffarin l’avait su bien avant les élections, aurait il accordé à la profession  ce même 1,5 milliard d’euros d’allègement de charges sans réelles promesses d’embauche ou d’augmentation en contrepartie ? 

 

 

On rentre au Clos Saint Michel en deux fournées. Les plus lents cachent bien leur jeu. Ils nous font croire à la recherche d’un bistrot alors qu’ils s’en vont repérer  de nuit en voiture le tracé vélo du lendemain.

 

 

On en recause tous ensemble. Selon Denis, quelques passages s’avèreront plus durs qu’aujourd’hui même si l’ensemble demeure notoirement plus aisé.  Les copains se mettent d’accord pour rouler un peu sur le plat avant d’attaquer la montée. Ils crochèteront par Beaumont du Ventoux. André me suggère d’organiser mon propre périple auto de manière à retrouver tout le monde en haut afin d’assurer le ravitaillement eau-gants-sandwiches. Idée acceptée à l’unanimité.

 

 

L’extinction des feux est programmée vers 23H50. Pas celle des derniers rires, blagues, sketches improvisés ou  délivrances bruyantes de gaz intestinaux.  La colo autogérée  fête sa deuxième et dernière nuit au complet.

 

 

Francis et Alain nous imposent, à travers les murs, quelques échos d’une émission de variétés.  Ils sont les seuls à pouvoir et vouloir regarder la télé…et le prouvent.  On les calme plus ou moins courtoisement. Puis chacun rejoint Morphée.

 

 

On se lève à 7 heures pour  un  départ estimé autour de 8 H 30. Et un rendez vous général au sommet entre 11h30 et 12 heures. L’ambiance se veut studieuse- chacun se prépare consciencieusement- mais l’enjeu   s’est atténué. Il n’y a qu’une première fois !

 

 

Je ne me fais aucun souci pour eux.  « …Les costauds, me dis je,  ils se le monteront tous par Malaucène leur second Ventoux, c’est certain… Ce sont de grands sportifs  gourmands qui, après avoir goûté le gâteau  veulent aujourd’hui connaître le goût de la cerise… Alors bonne route et à tout à l’heure..»

 

 

Je reste un moment seul dans notre gîte et y range quelques bricoles. Je m’y sens vraiment bien. ll y règne une atmosphère de confiance et de sérénité.  Rien que des ions positifs de partout.

 

 

Toutes  les chambres  ont gardé leur porte ouverte.  Toutes les chaussures « civiles »  sont gentiment éparpillées près de la porte d’entrée. Le grand sac plastique noir de la poubelle se tient poliment  refermé à côté  du comptoir et de son panier empli de  senteurs  locales. Le lave vaisselle, rempli aux trois quarts, baille  en attendant son heure. La poêle de Walter  somnole  sur l’évier .L’huile d’olive aussi. Les tagliatelles dorment dans le frigo. Comme au rugby, on donne, pour le rangement intérieur, dans le  style   «  viril mais correct ».Et le soleil illumine l’ensemble.

 

 

Le cahier d’accueil des propriétaires, Laurence et Eric,  respire l’amour du « pays » d’ici et le plaisir –marchand et intelligemment conçu  - de recevoir. Ils ont tout prévu, des stages de dégustation  de leur vin  aux possibilités de garde des enfants des clients parents ou de visite de producteurs d’huile d’olive.  Quelques dessins d’enfants accrochés  sur les murs témoignent de vacances réussies.

 

 

Sur les conseils d’Eric,  je prends la route de Suzette et des Dentelles de Montmirail. Et m’arrête en chemin  pour admirer ces incroyables ciselures. Dire qu’il s’agit de montagnes !

 

 

 Je rejoins Beaumes de Venise, officiel  site remarquable du goût, pour son muscat puis Vacqueras  pour son Gigondas. Dans ces deux villages, je me renseigne  un peu plus auprès d’habitants. Seules, les caves coopératives sont ouvertes en ce dimanche d’avant 10 heures. L’accueil  reste sympa, les prix  pas trop. J’opte à chaque fois pour des produits dits moyennement supérieurs en espérant que tous les copains  en seront satisfaits.

 

 

De retour à Malaucène, je   refais en voiture notre itinéraire vélo d’hier. Méticuleusement. Sans me presser vraiment car je me fixe 11H45 comme heure de rendez vous au sommet avec le groupe.

 

 

Abasourdi, j’y rencontre rapidement quelques guignols revêtus d’un seul  tee shirt et pas mal de cyclos posant pied à terre  dans le premier tronçon. Hier, l’ambiance se voulait partout sportive et concentrée. Aujourd’hui, elle ressemble, chez certains,  à  la promenade dominicale.  Y aurait il des cyclistes du dimanche comme il existe  des automobilistes dominicaux ?   Pensent ils arriver ainsi au bout  d’une telle épreuve ? Ont-ils idée de la température à 1912 mètres ?

 

 

Je stoppe la 206 à plusieurs reprises, notamment devant les stèles presque ignorées la veille. L’idée me vient de ramasser un (relatif) gros caillou  appelé à trôner  dans les couloirs du Conseil Général  au milieu des coupes des footeux.    où les équipes de l’informatique  prennent leurs cafés quotidiens.

 

 

Surprise. J’arrive finalement bon dernier au sommet du Ventoux. Tous les copains sont là depuis, au moins, un quart d’heure. Ils ont tous bien roulé et apprécié les temps de récupération  de l’itinéraire. Ils sont partagés entre le désir de m’engueler pour ce retard impensable et celui de vite retrouver, dans le coffre de la 206, gants, nourriture et boissons. Bons enfants,  ils cèdent apparemment à la deuxième tentation. 

 

 

Je ferme la marche pour la descente vers Malaucène. Les potes  semblent moins souffrir du froid que la veille. André m’incite à un moment à prendre une photo souvenir de sapins givrés.

 

 

 On s’arrête   peu  après le Mont Serein devant l’auberge et chalet de Mimi. Cette amie des cyclos  a prévu des tables d’accueil et des parking à vélos sous forme d’encoches profondes de troncs d’arbres.  Belle idée.

 

 

Ici, il fait beau. Le belvédère du chalet Liotard offre une large vue sur  la plaine jusqu’à Vaison. On s’organise une pause et un nouveau ravitaillement en eau. Le cubitainer Volvic  emporté du Clos Saint Michel rencontre pas mal d&rsqu

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